mercredi 28 mars 2007

The Art Ensemble Of Chicago : musiques libres #1

The Art Ensemble Of Chicago est un groupe instrumental issu de l'AACM (Association for the Advancement of Creative Musicians). Cette coopérative créée en 1965 par le pianiste Muhal Richard Abrams, pratiquait le free jazz et le jazz expérimental en utilisant des modes d'écriture issus de la musique contemporaine.

The great black music
C'est le terme inventé par le trompettiste Lester Bowie pour qualifier cette musique. L'art ensemble of chicago aborde tous les styles qui ont fait l'histoire du jazz : des fanfares du début du XXème siècle au Free Jazz des années 1960 en passant par le New Orleans, le be-bop, la musique atonale, la soul, les percussions africaines.

Des performances scéniques avant-gardistes
Chaque performance au déroulement maîtrisé convie le spectateur à une cérémonie s’inspirant autant des cultes ancestraux que de la recherche contemporaine
L'alchimie de la « Great Black Music » mêlent le sérieux, le sarcasme, l'humour, l'ironie, le pathétique, la provocation, passé et présent, en un exposé de musicologie appliquée.

Une expérience coopérative réussie
The Art Ensemble of Chicago est l'une des rares formations à avoir su maintenir une activité régulière tout en permettant à chacun de ses membres de poursuivre parallèlement une carrière solo, comme ce fut le cas avec le trompettiste Lester Bowie.
http://www.artensembleofchicago.com/

CD disponibles à la Médiathèque de Dole
Fanfare for the warriors / The Art Ensemble of Chicago. - Atlantic Original Sound, 1973

The odyssey of funk & popular music / Lester Bowie Brass Band. - Dreyfus jazz, 2002

La Renaissance : musique française #8

Où est née la Renaissance ?
En Italie : à Florence, Rome, Venise, Milan. On peut la faire débuter vers 1350 avec 2 grands auteurs : Pétrarque et Boccace. Mais son véritable age d’or se situe entre 1450 et 1500 que l'on nomme le "Quattrocento".
Pour Jean Delumeau, la Renaissance est «l’époque où la civilisation de l’Europe a de façon décisive distancée les civilisations parallèles. » Une assertion qui pourrait être contestée par d'autres penseurs des civilisations.
La Renaissance commence d'abord avec une autre façon de concevoir l'histoire :
Les historiens de la Renaissance rejètent la division médiévale chrétienne de l'histoire, à savoir :
la Création, la venue de Jésus-Christ le Jugement dernier.
A la Renaissance, la vision de l'histoire comporte également trois parties : elle débute par l'Antiquité, suivie par le Moyen Âge (l'âge du milieu), et enfin l'âge d'or de la Renaissance qui vient de commencer.
Le terme de « Moyen Âge » » semble avoir été utilisé pour la première fois par Flavio Biondo de Forlí, secrétaire apostolique à Rome, dans Historiarum ab inclinatione Romanorum imperii decades (« Décades historiques depuis le déclin de l'Empire romain »), écrites dans les années 1450 et publiées en 1483. Pour cet historien humaniste, le terme évoque l'idée d'une mise entre parenthèses du temps, d'une interruption du progrès ; cette période de stagnation culturelle se situe entre la gloire de l'Antiquité classique et la renaissance de cette gloire, au début du monde moderne. C'est seulement au XVIIe siècle que l'emploi du terme se généralise.
Alors que les savants médiévaux condamnent le monde païen grec et romain, peuplé selon eux d'ignorants et de barbares, les savants, philosophes et historiens de la Renaissance admirent les Anciens.
Ils proclament leur propre époque comme celle de « la renaissance » des classiques grecs et Romains. C'est ce courant de pensée que l'on a appelé Humanisme.
Il faut aujourd'hui relativiser cette conception négative de la culture médiévale.

Quand commence la Renaissance en France ?
En 1450 avec l'imprimerie par Gutemberg ?
En 1491 avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb ?
Réellement plus tardivement en 1515 avec le début du règne de François 1er,(1494-1547), et la victoire de Marignan. François 1er s’empare du Milanais et rapporte dans ses bagages la culture italienne.
La Renaissance française va s’étendre sur le XVIe siècle du règne de François Ier à celui d’Henri IV.
C’est une période d’intense de création littéraire et artistique (architecture, peinture, ...) :
Quelques écrivains et poètes : Ronsard, Du Bellay, Baïf, Rabelais, Montaigne, Clément Marot

Y-a-t-il une musique de la Renaissance ?
Musicalement la Renaissance n'introduit aucune réelle rupture stylistique.
Comme on l'a vu, la Renaissance musicale reste l'œuvre de l'école franco-flamande et non d'une école italienne.
En musique, la référence à l'Antiquité est une impasse ; la raison en est simple : aucun exemple de musique grecque ou romaine n'est connu à l’époque : l'imitation des anciens s'avère donc ici impossible (à l'inverse de l'architecture et de la sculpture comme le fit l’architecte Leon Battista Alberti (1404-1472) en commentant Vitruve « De architectura » ).
Cependant, les musiciens de la Renaissance connaissent le pouvoir fabuleux accordé à la musique dans la mythologie : Orphée devient à cette époque une figure emblématique.

Jean Antoine de Baïf (1532-1589) et l’académie de musique et de poésie.
L'imitation de l'Antique, impossible en musique faute de sources trouve un accomplissement en poésie.
Ainsi Jean Antoine de Baïf veut réformer la poésie en l’associant à la musique et en réhabilitant la métrique gréco-romaine (fondée sur les syllabes longues et les syllabes brèves) ainsi va-t-il travaillé avec Claude Lejeune à des chansons en vers mesurés à l’antique.




Deux musiciens représentatifs de la Renaissance Française : Clément Janequin et Claude Le Jeune

Clément Janequin (1485-1558)
Maître de la "chanson parisienne", Janequin passe les 25 premières années de sa vie dans le Bordelais. En 1549, il s'installe à Paris et devient chantre ordinaire du roi. A l'âge de soixante-dix ans, il décide de devenir étudiant et entre à l'Université de Paris. Ses fonctions à la chapelle royale assurent son existence mais ne l'empêcheront pas de mourir dans la pauvreté.
Clément Janequin apparaît comme le maître de la chanson polyphonique du XVIe siècle, surtout dans le domaine de la musique profane. Son nom reste attaché aux Amours de Ronsard, à quelques poèmes de François Ier qu'il illustre musicalement, et à ceux également de Clément Marot.
La partie la plus originale et la plus célèbre de son œuvre est la chanson descriptive. Ce sont de grandes chansons ponctuées d'interjections, de cris, de paroles et d'onomatopées qu'on peut considérer comme les ancêtres de « la musique à programme ». Parmi celles-ci, on peut citer :
Le Chant des oiseaux, La Guerre (la bataille de Marignan), un texte truffé d'onomatopées qui ressemble à du Henri Michaux, La Chasse (« Gentils veneurs », retraçant les péripéties d'une chasse de François Ier en forêt de Fontainebleau) ; Les Cris de Paris (ceux des marchands ambulants), Le Caquet des femmes...

Ces oeuvres lui valurent une renommée européenne, alors que la France ne l'avait pas encore reconnu à sa mort. Hommage du poète Antoine le Baif à Janequin :
" ... Soit que représenter le vacarme il ose,
Soit qu'il joue en ses chants le caquet féminin,
Soit que des oisillons les voix il représente,
L'excellent Janequin, en tout cela qu'il chante
N'a rien qui soit mortel, mais il est tout divin. "


extrait de "La guerre", baptisée également "La bataille de Marignan"
France courage, courage
Donnez des horions
Chipe, chope, torche, lorgne
Pa ti pa toc tricque, trac zin zin
Tue ! à mort ; serre
Courage prenez frapez, tuez.
Gentilz gallans, soyez vaillans
Frapez dessus, ruez dessus
Fers émoluz, chiques dessus, alarme, alarme !
Courage prenez après suyvez, frapez, ruez
Ils sont confuz, ils sont perduz
Ils monstrent les talons.
Escampe toute frelore la tintelore
Ilz sont deffaictz
Victoire au noble roy Francoys
Escampe toute frelore bigot.


Une autre chanson dans un style grivois : "Frère Thibault, séjourné, gros et gras" (poème de Clément Marot)
Frere Thibault, sejourne, gros et gras,
Tiroit de nuyt une garse en chemise
Par le treillis de sa chambre, ou les bras
Elle passa, puis la teste y a mise
Et puis le seing, mais elle fut bien prise,
Car le fessier y passer ne peult onc :
"Par la mort bien, ce dict le moyne a donc,
Il ne m'enchault De bras, tetin ne teste ;
Passez le cul, ou vous retirez donc :
Je ne scauroys sans luy vous faire feste."



Claude Le Jeune (1528-1600)
Au service du duc d'Anjou, il devient vers 1594, compositeur de la chambre du roi Henri IV. Il compose des messes, motets, psaumes, airs, chansons spirituelles et profanes. Membre de l'Académie de musique et de poésie fondée par A. de Baïf, Le Jeune se consacre à la musique « mesurée », écrite dans un grand respect du texte.
Perdre le sens devant vous (extrait d'un poème de Jean-Antoine Le Baïf)
Perdre le sens devant vous,
Trembler, épris, et changer
tein et regard, et maintien :
D'où vient cela ie vous pri ?
Dequoy, coment, et pourquoy ?
Dite-le moy, dite-le moy ie vous pri'...


Discographie disponible à la Médiathèque de Dole
Psaumes et chansons de la réforme / Paschal de l'Estocart, Claude Le Jeune, Clément Janequin... ; Ensemble Clément Janequin, Dominique Visse, dir. - Harmonia Mundi, 2000
Jacques Moderne : Fricassées lyonnaises / Doulce Mémoire, Denis Raisin Dadre. - Astrée : naïve, 1996
Inconstance et Vanité du Monde : musique à la Cour de France et de Savoie en 1601 / Claude Le Jeune, Luca Marenzio ; programme conçu par Anne Quentin. - Astrée : Naïve, 2000
"Heureux qui comme Ulysse" : musiques et chants du XVIe siècle / Claude Gervaise, Claudin de Sermisy, Josquin des Prés, Gabriel Bataille, Pierre Attaingnant... ; Ensemble Jehan de Channey. - De Plein Vent, 1994
Pierre Attaingnant : imprimeur et libraire en musique du Roy : préludes, chansons et danses pour luth / Claudin de Sermisy, Pierre Moulu ; Hopkinson Smith, luth
La Chasse et autres chansons / Claude Janequin ; Ensemble Clément Janequin.- Harmonia Mundi, 1988
Airs et psaumes mesurés à l'Antique / Claude Le Jeune ; Claudine Ansermet, S ; Paolo Cherici, liuto
Le printans / Claude Le Jeune ; Huelgas Ensemble ; Paul Van Nevel, dir. - Sony Classical, 1996

mardi 27 mars 2007

Pandora : vidéo de la semaine #8

Pandora est une web radio interactive qui propose la découverte de nouveaux artistes et de nouveaux morceaux par similarité. Le principe : l’internaute tape le nom d’un artiste ou d’une chanson qu’il aime, Pandora lui propose alors sur mesure une liste à écouter en streaming de titres dans un style similaire. Une sorte de radio personnalisée.
Cette application repose sur un principe de base baptisé par son créateur Tim Westergren, le "Music Genome Project". « Notre technologie isole les gènes d’un morceau de musique pour le catégoriser en mots-clés ». C'est par une analyse et caractérisation détaillée réalisée à l'écoute des morceaux par des étudiants en musique, que Pandora propose cette recherche par similarité. Très riche en contenu dans le domaine du pop, rock et de la production anglo-saxonne, Pandora révèle vite ses limites dans le domaine des musiques du monde, de la chanson française, du jazz et de la musique classique.

vendredi 23 mars 2007

L'Orchestre National de Jazz en concert au Théâtre de Dole

Tribute to Led Zeppelin
"Close to Heaven" est la dernière création de l’Orchestre National de Jazz
Ou comment revisister l'univers musical de Led Zeppelin sans guitare, ni chant.
Certains trouveront l’idée originale, pendant que d'autres, les inconditionnels de Led Zep, crieront peut-être au sacrilège. Mais au-delà des idées préconçues et des chapelles musicales, on donnera raison aux curieux. Il faut redécouvrir les standards de Led Zeppelin admirablement réarrangés par le vibraphoniste Frank Tortiller à la tête du nouvel ONJ depuis septembre 2005.
Une atmosphère cuivrée (tuba, bugle, trompette, trombone) se révèle à l’écoute du disque, colorant ainsi les morceaux de Robet Plant et de Jimmy Page d’un lyrisme envoûtant.

Formation de l'ONJ en concert à Dole :
Franck Tortiller : direction, vibraphone
Vincent Limouzin : vibraphone, marimba
Patrice Héral : percussions/voix
David Pouradier-Duteil : batterie
Yves Torchinski : contrebasse
Daniel Zimmermann : trombone
Jean Gobinet : trompette
Michel Marre : trompette, bugle
Jean-Louis Pommier : trombone

Jeudi 5 avril - 20h30 - au Théâtre Municipal
Un concert organisé par MJC Dole/ça va d'jazzer, avec le partenariat de Scènes du Jura

Orchestre National de Jazz, Franck Tortiller : "Close to Heaven : tribute to Led Zeppelin". - Le chant du Monde : Harmonia Mundi, 2006

Autres CD disponibles à la médiathèque de Dole
Orchestre National de Jazz, Laurent Cugny : "In tempo". - Verve : Polygram, 1996

Orchestre National de Jazz, Didier Levallet : "ONJ express". - Evidence : Harmonia Mundi, 1998


Orchestre National de Jazz, Didier Levallet : "Séquences". - Evidence : Harmonia Mundi, 1999

Orchestre National de Jazz, Didier Levallet : "Deep feelings". - Evidence : Frémeaux : 2002

Orchestre National de Jazz, Paolo Damiani, Anouar Brahem, oud, Gianluigi Trovesi, clarinette, sax alto : "Charmediterranéen". - ECM : UNiversal, 2002

Creative Commons : vidéo de la semaine #7

Building on the Past
Ce film de 2 minutes réalisé à partir d'archives filmiques détournées (found footage) exprime la philosophie des licences Creative Commons destinées à favoriser la circulation des oeuvres tout en respectant la volonté des auteurs.







source : http://creativecommons.org/support/videos#past
Les licences Creative Commons sont des licences "à la carte" que l'on peut attacher à une oeuvre que l'on souhaite diffuser en fonction de quatre conditions librement combinées entre elles.

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Ce qui donne un choix de 11 possibilités de licence selon que l'on active ou non les 4 options en question.
Le site Creative Commons France propose ainsi des licences types pour des auteurs souhaitant publier leurs oeuvres : comme des textes, des films, des photos, de la musique... Le site propose aussi un moteur de recherche des oeuvres publiées avec les licences CC.

mercredi 21 mars 2007

L'école franco-flamande : musique française #7

La première Renaissance
On désigne par cette appellation, les musiciens du XVe et du début du XVIe siècle, originaires de la Bourgogne, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Nord de la France, et de Belgique. Ces musiciens parlent souvent plusieurs langues : le français, le latin, l'italien, parfois flamand ; au XVe siècle, ils travaillent à la cour du Duché de Bourgogne, et au XVIe siècle sur le territoire de l’Empire de Charles Quint, mais aussi parfois à la cour des Rois de France.

Le duché de Bourgogne sous le règne de Philippe le Bon
Philippe III le Bon (1396-1467), créateur d'un des États les plus puissants de l'Europe du XVe siècle. Né à Dijon, Philippe devient duc après la mort de son père Jean sans Peur, tué par les partisans du Dauphin, le futur Charles VII. En représailles, il va s'allier à Henri V d'Angleterre, l'ennemi de la France pendant la guerre de Cent Ans. En 1430, il capture Jeanne d'Arc qu'il livre aux Anglais. À la faveur d'un retournement d'alliance, il conclu en 1435 le traité d'Arras avec le roi de France, Charles VII et reçoit en retour une grande partie de la province de Picardie. Philippe étend l'autorité bourguignonne aux Pays-Bas, en acquérant le duché de Brabant-Limbourg en 1430, le Hainaut, incluant les comtés de Frise, de Hollande et de Zélande, en 1433, le Luxembourg en 1443. En 1460, il régne sur ce qui est de nos jours la Belgique et le Luxembourg, la plus grande partie des Pays-Bas et des portions importantes du Nord et de l'Est de la France. La cour de Bourgogne est alors l'une des plus brillantes d'Europe. Mécène, Philippe le Bon favorise le travail des peintres comme Jan Van Eyck et des musiciens comme Johannes Ockeghem. Attaché aux traditions chevaleresques, Philippe le Bon créé en 1429 l'ordre de la Toison d'or, l'une des plus prestigieuses confréries de chevaliers en Europe.

Le XVe siècle est une époque charnière pour la musique.
L'art musical de cette époque se présente en effet comme un adieu au Moyen Age dont ilc onserve encore une haute spiritualité et le sens du sacré, tout en s’inscrivant déjà dans la Renaissance car la culture humaniste y est déjà présente.
On peut citer cinq grands composteurs représentatifs de cette école franco-flamande :

Guillaume Dufay (1400-1474)
Employé à la chapelle papale de Rome, puis par les ducs de Savoie, avec lesquels il voyage, il se fixe finalement à Cambrai pour y passer les trente dernières années de sa vie. On lui doit la messe de l’homme armé et de nombreux motets.

discographie :
O gemma lux : intégrale des motets isorythmiques / Huelgas-Ensemble, ens. voc. ; Paul van Nevel, dir. - Harmonia Mundi, 1999
Missa se la face ay pale / Diabolus in musica ; Antoine Guerber, direction. - Alpha, 2004
Quadrivium : Motets, vol. 1 / Cantica Symphonia ; Giuseppe Maletto, direction. - Glossa, 2005

Gilles Binchois (1400 à Mons -1460 à Soignies) Compositeur flamand, il est employé en 1430 par Philippe Le Bon du duché de Bourgogne. Il écrit de la musique sacrée et des chansons polyphoniques.

Citons quelques vers de Triste plaisir, une très belle chanson pleine d’oxymorons (figure de style consistant à réunir deux mots antinomiques ou incompatibles) : sur un rondeau de Alain Chartier :
"Triste plaisir et douloureuse joie
Apre douceur, réconfort ennuyeux,
Ris en pleurant, souvenir oublieux
M’accompagnent, combien que seul, je sois,..."

discographie :
Mon souverain desir : chansons / Ensemble Gilles Binchois ; Dominique Vellard, direction. - Virgin Classics, 1998

Johannes Ockeghem (1420 à Siant-Ghislain près de Mons -1497 à Tours)
Après avoir été chantre à la Cathédrale d'Anvers, il passe au service du duc de Bourbon, puis à la Cour de France sous le règne de plusieurs Rois (Charles VII, Louis XI, Charles VIII). Il finit sa vie, à Tours où il occupe les fonctions de chanoine et de trésorier.

discographie :
Motets ; Missa "Caput" ; Requiem (extrait) / Laudantes Consort ; Guy Janssens. - Musicalis, 1996




Josquin des Prés (ou Desprez, ou Jodocus Pratensis, ou Jodocus a Prato, ou simplement Josquin) (1440 à Beaurevoir-1524)
Musicien européen, Josquin des Prés voyagea beaucoup : Saint-Quentin, Milan, Paris, Rome.
Génie universel, Josquin occupe une position d’équilibre entre Moyen Âge et Renaissance. «Il possède dans leur plénitude, écrit Jacques Chailley, tous les caractères que l’on attribue à l’une et l’autre époque.»
Il appartient, certes, au temps des humanistes, mais il conserve une spiritualité, un sens du sacré, qui le rattache aux conceptions médiévales. Il a marqué de son empreinte profonde tous les genres qu’il a abordés (messes, motets, chansons). Une grande partie de cette production a été publiée au XVIe siècle, d’abord par le premier éditeur de l’histoire, le Vénitien Ottaviano dei Petrucci, qui réserva une place d’honneur à Josquin dans son Harmonice musices Odhecaton (à partir de 1501)

discographie :
Motets ; Missa "L'homme armé sexti toni / Laudantes Consort ; Guy Janssens. - Musicalis, 1996
Missa Pange Lingua & Motets / A Sei Voci, Maîtrise des Pays de Loire ; Bernard Fabre-Garrus. - Astrée : Naïve, 2000
Messa Ave maris Stella ; Motets à la Vièrge / ASei Voci ; Bernard Fabre-Garrus. - Astrée : Auvidis, 1993




Roland de Lassus (Orlando di Lasso) (1532 à Mons-1594 à Munich)
Très célèbre en son temps, Roland de Lassus était surnommé l'"Orphée belge" et également le "Prince de la Musique". Il accompagna Charles Quint dans ses déplacements, notamment à la Cour de Fontainebleau. Il il voyagea ensuite à travers toute l'Europe au service de nombreux protecteurs, accumulant la gloire et les honneurs. Naples, Rome, Londres, Anvers, Paris, Munich...

discographie :
Missa pro defunctis ; Prophetia Sibyllarum / The Hilliard Ensemble. - ECM, 1998
Les larmes de saint Pierre : 20 madrigaux spirituels sur des poèmes de Luigi Tansillo / Ensemble Vocal Européen ; Philippe Herreweghe, dir. - Harmonia Mundi, 2002
Les lamentations du Prophète Jérémie / Ensemble vocal européen de la Chapelle Royale, Philippe Herreweghe. - Harmonia Mundi, 1989



Les liens historiques sont dirigés vers le site wikipédia, les liens biographiques vers le site musicologie.org

Podcast, mode d'emploi

Apprenez à podcaster en 10 leçons !

Le podcast, c'est un peu la radio à la carte. Le principe est de s'abonner à un programme, par exemple une émission de radio quoditienne ou hebdomadaire, de manière à la recevoir ensuite automatiquement en ouvrant le logiciel de podcast (ici, le logiciel Juice qui s'appelait avant IPodder)

Etape 1
D'abord il est nécessaire de télécharger le logiciel Juice qui sert à recevoir les podcasts
http://juicereceiver.sourceforge.net/ . On a choisi ce logiciel à titre d'exemple, mais il en existe d'autres.


Etape 2
Le logiciel installé a cette apparence :


Etape 3
Ensuite, il faut aller choisir les émissions que l'on souhaite "podcaster", par exemple sur le portail de Radio France : http://www.radiofrance.fr/services/rfmobiles/podcast/



Etape 4
Toujours à titre d'exemple, on va choisir "Système Disque", une émission de France Inter, animée le samedi après-midi par Valli : : http://www.radiofrance.fr/services/rfmobiles/podcast/index.php?channel=1

Etape 5
On clique sur "voir le lien RSS", une fenêtre s'ouvre dans laquelle, on va copier le lien RSS :
Le lien copié, il suffit alors de le coller dans la fenêtre que l'on ouvre en cliquant sur le bouton vert ("ajouter une source"), puis valider en sélectionnant "sauver"
Etape 7
Il ne reste plus alors qu'à cliquer sur le bouton orange "catch-up" pour lancer le téléchargement du fichier MP3.

Etape 8
La dernière question : où se trouve le fichier téléchargé sur le disque dur ? Pour le savoir il faut aller dans la barre d'outils : "Fichier" puis "Préférences"
Etape 9
Et effectivement, en allant dans le répertoire du disque dur, on retrouve le fichier MP3 prêt à être déplacé et écouté sur la baladeur de son choix

Etape 10
Où trouver des adresses de sites proposant des podcasts ?
Sur le portail de la médiathèque de Dole


Bonne écoute.

samedi 17 mars 2007

L'ars subtilior : musique française #6

Un art ésotérique
Ce style subtil qui prolonge la tradition de l'Ars Nova, se développe à la fin du XIVe siècle jusqu'au début du XVe siècle. Il s'agit d'un art poétique et musical complexe et raffiné qui est pratiqué à la Cour du Duc de berry, à celle de Gaston Fébus (Gaston III de Foix-Béarn, prince de la Gascogne et du Languedoc), et à la cour papale d'Avignon. Cet art était donc réservé à une élite d'initiés. Certains historiens y trouvent l'expression d'une décadence "névrotique" par l’expression d’un maniérisme extravagant. Une sorte d'art fin de siècle, même si dans ce cas, il s'agit du XIVe ! Les compositeurs dont on a conservé les oeuvres se nommaient Baude Cordier, Solage, Johannes Ciconia...

Un exemple représentatif de ce style est la partition de Baude Cordier du rondeau Belle, bonne et sage écrite en forme de coeur que l'on trouve dans le Codex (manuscrit) de Chantilly :
Belle, bonne, sage, plaisant et gente
A ce jour cy que l'an se renouvelle
Vous fait le don d'une chanson nouvelle
Dedens mon cuer qui a vous se présente
De recepvoir ce don no soyés lente


Un autre exemple, le rondeau de Solage, le très étrange "fumeux fume..." :
Fumeux fume par fumee.
Fumeuse speculacion.
Qu'antre fummet sa pensee
Fumeux fume par fumee.

Discographie
Ars Subtilior, du style gothique à la Pré-Renaissance [anthologie]. - Harmonia Mundi, 2005 (La musique des siècles)

Febus avant! Musique à la Cour de Gaston Febus (1331-1391) / Huelgas Ensemble, Paul Van Nevel, dir. - Sony Classical, 1992 (Vivarte)


Source bibliographique :
>Le Manuscrit 564 du Musée Condé de Chantilly
http://www.lib.latrobe.edu.au/MMDB/Mss/CH.htm

Ciné Musique à la Commanderie, samedi 24 mars

L'Orchestre Philharmonique de Prague jouera samedi 24 mars à la Commanderie des musiques de films restées dans toutes les mémoires.
Sous la direction de
Jaromir Michael Krygel

Le programme
2001, l’Odyssée de l’espace : Requiem de Gyögy Ligeti
Autant en emporte le vent (Gone with the wind) musique de Max Steiner
La Strada, musique de Nino Rota
Lawrence d’Arabie, musique de Maurice Jarre
La Dolce Vita, musique de Nino Rota
James Bond, musique de John Barry
Le Parrain (The Godfather), musique de Nino Rota
Mort à Venise : 5ème symphonie de Gustave Mahler
Les dents de la Mer (Jaws), musique de John Williams
Barry Lyndon : Sarabande d’Haendel
Star Wars, musique de John Williams
Amadeus, Requiem et symphonies de Wolfgang Amadeus Mozart
Indiana Jones, les aventuriers de l’Arche Perdue (Raiders of the lost Ark), musique de John Williams
Danse avec les loups (Dances with wolves), musique de John Barry
La liste de Schindler, musique de John Williams
Titanic, musique de James Horner
Gladiator, musique de Hans Zimmer, Lisa Gerrard
Harry Potter, musique de John Williams
Pirates des Caraïbes (Pirates of the Carribean), musique de Hans Zimmer

Traxzone est un site dédié à la musique de film

Pour consulter la liste des disques de musique de films disponibles à la Médiathèque de Dole

mercredi 14 mars 2007

Web 2.0, le film ! : vidéo de la semaine #6

Une présentation "tout en images" des nouveaux services et outils proposés sur la Toile nouvelle version.
Blogs, wikis, tags, RSS, UGC... Ce film, destiné à un usage pédagogique a été réalisé en février 2005. Soit l'équivalent d'un siècle à l'échelle du Web! Il reste encore d'actualité, même si on notera l'absence de référence à quelques plates-formes qui sont devenues depuis des médias de masse captant l'audience de millions d'internautes.

John Zorn "At the mountains of madness" : disque de la semaine

C’est d' la folie!
John Zorn est saxophoniste et compositeur, il réside à New York, où il a fondé le label tzadik .
"At the mountains of madness" est un double album live. Il a été enregistré en 2004 à Moscou et à Ljubljana lors de deux concerts de la tournée européenne de John Zorn et de son groupe Electric Masada. Tel un alchimiste trouvant son inspiration dans des sources musicales tels que le jazz, le post-rock, la musique klezmer puis mixant ces éléments avec des ambiances sonores « bruitistes », John Zorn l’anticonformiste entraîne ces auditeurs dans des univers musicaux singuliers, parfois déroutants ne cédant jamais à la facilité.

Un disque absolument époustouflant.
John Zorn "At the mountains of madness", Tadzik, 2005

La discographie complète de John Zorn
http://home.arcor.de/nyds-exp-discogs/zorn.htm

... et celle disponible à la médiathèque de Dole :

Naked city. - Avec Bill Frisell, guit. ; Wayne Horwvitz, claviers ; Fred Frith, guit. basse ; Joey Baron, batt. ; Yamatsuka Eye, chant. - Elektra / Nonesuch, 1989

The big gundown : John Zorn plays the music of Ennio Morricone. - Tazdik, 1985


Masada : Live at Jérusalem, avec Dave Douglas, trp ; Greg Cohen, guit. b ; Joey Baron, batt.- Tazdik, 1999


Lacrosse, avec Eugene Chadbourne, Davey Williams, Henry Kaiser, guit. élec ; Bruce Ackley, saxo. -Tazdik, 2000


Masada : Live in Middelheim, Dave Douglas, trp ; Greg Cohen, guit. b ; Joey Baron, batt. - Tazdik, 1999

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