jeudi 29 septembre 2011

Petite bibliothèque du rock culte : chapitre I

"We're more popular than Jesus now;
I don't know which will go first — rock and roll or Christianity."
John Lennon (1966)



Livres : nouvelles acquisitions 2011


La vie des saints, des martyres et des prophètes

Bashung vu par Laurent Lavige et Cie / Collectif. -Hugo&Cie
Le 14 mars 2009, à 61 ans, disparaissait Alain Bashung, cet artiste singulier qui a littéralement bouleversé la chanson française et influencé plus d'un acteur de la scène actuelle. De ses premiers succès avec Gaby et Vertige de l'amour à son dernier album " Bleu pétrole ", il n'aura cessé de se réinventer.

La trilogie Bowie Eno : Influence de l'Allemagne et de Brian Eno sur les albums de David Bowie de 1976 à 1979" / Matthieu Thibault. -Camion Blanc, 2011
En 1976, Bowie réalise une trilogie d'albums essentiels qui élargit les frontières de la pop. Low, "Heroes" et Lodger transforment le studio d'enregistrement en instrument de création ultime dans lequel Bowie, Eno et Visconti sculptent, façonnent et subliment le son du futur en devenir. Autant inspirée par la décadence berlinoise des années trente que le rock expérimental hypnotique des allemands Neu! ou Kraftwerk, la Trilogie Bowie-Eno – souvent désignée par l’appellation inexacte de Trilogie Berlinoise – marque l'acte fondateur du post-punk et de la new-wave.

Figures de Bob Dylan / Nicolas Rainaud. -Le mot et le reste, 2009
L'auteur revient sur la carrière du musicien, prisme aux diverses facettes qui sont présentées en croisant résonance musicale et textes de chansons ainsi que ses Chroniques. L'ouvrage déroule la logique d'une carrière atemporelle et imparable, tant dans le domaine de la poésie et de l'écriture que du rock'n'roll.

Fela le combattant / Mabinuori Kayode Idowu. - Le Castor Astral, 2002
Fela Anikulapo-Kuti est le créateur de l'afro-beat cocktail explosif né de la rencontre entre jazz, rythmique soul-funk et musique traditionnelle africaine. Formé à l'école du Black Power et du panafricanisme, le fils spirituel de Malcolm X et de Kwame Nkrumakq a su enflammer le coeur des laissés-pour-compte de la société nigériane et de l'Afrique toute entière, grâce à des chansons écrites en pidgin, le créole anglais des faubourgs de Lagos. En dénonçant la corruption, les dictatures, la main-mise des multinationales, Fela, le « Black President », a essuyé les foudres des dirigeants politiques successifs et de leurs juntes militaires.

Blues pour Jimi Hendrix / Stéphane Koechlin. -Castor Music, 2010
Ce livre est l'évocation d'une idole fascinante jusqu'à l'obsession. Il raconte (à rebours) l'existence de la star des années 1960 au gré du marathonien Yazid, des publications, expositions, films, objets dispersés aux quatre vents depuis des décennies, et du culte dont il est l'objet. Il examine l'inquiétant fétichisme et le phénomène fan, mais parle aussi du refus de mourir, et surtout de passion musicale.

Kraftwerk, j’étais un robot / Wolfgang Flür. -Camion Blanc, 2003
Pionnier du minimalisme électronique dans les années 70 et 80, Kraftwerk s'est efforcé de franchir les limites de ce qui était alors communément assimilé à de la pop, grâce à des chansons comme " Autobahn ", " The Robots " et " The Model ". Ils ont engendré de nombreux imitateurs, en particulier visuellement, et étaient éminemment heureux sur scène lorsqu'ils étaient représentés par des robots. Des premiers pas d'un enfant d'après-guerre jusqu'à son départ douloureux de Kraftwerk en 1987, J'étais un robot raconte le parcours personnel et musical de Wolfgang Flür, le batteur du groupe.

Lennon / David Foenkinos. –Plon, 2010
Après une enfance terrible, une plongée précoce dans l'immense célébrité, sa rencontre décisive avec Yoko Ono, des années d'errance et de drogue, John Lennon a décidé d'interrompre sa carrière en 1975, à l'âge de 35 ans, pour s'occuper de son fils Sean. Pendant cinq années, à New York, il s'est retiré de la vie médiatique et n'a pas sorti d'album. C'est durant cette période qu'il a pris le temps de réfléchir à la folie de son parcours. Jusqu'à ce que le fil de son existence soit brutalement interrompu, le 8 décembre 1980, jour de son assassinat par un déséquilibré. Imaginant les confessions du créateur des Beatles et s'emparant d'une période méconnue de sa vie, David Foenkinos dresse un portrait intime et inédit de John Lennon.

Bob Marley : Les secrets de toutes ses chansons 1962-1981 / Maureen Sheridan . -Hors Collection, 2011
Quelle aventure nocturne de Bob Marley a inspiré "Midnight Ravers" ? Quelles désillusions se cachent derrière le titre "Revolution "? En quoi "Positive Vibration" saisit parfaitement l'ambiance des débuts du mouvement « rasta » ? De "Judge Not" à "Iron Lion Zion" en passant par "No Woman, No Cry" ou "Exodus", découvrez tous les secrets des chansons de Bob Marley : le contexte politique et social, les sources d'inspiration, la composition, les séances d'enregistrement… Grâce aux témoignages souvent exclusifs de ses proches, Bunny Wailer, Peter Tosh, Chris Blackwell, « Family Man » Barrett, Sly Dunbar, son manager Don Taylor ou Cindy Breakspeare, ce livre abondamment illustré retrace toute la carrière de cet artiste devenu une légende.

Pink Floyd : Plongée dans l’œuvre d’un groupe paradoxal / Aymeric Leroy. -Le Mot et le reste
Pink Floyd, groupe de paradoxes. Connu pour sa signature sonore instantanément reconnaissable, il n'a pourtant jamais cessé de se réinventer. Issu de l'underground et de la contre-culture, il a connu la consécration planétaire et vendu des millions d'albums. " Groupe sans visage ", cultivant l'anonymat, il a donné au rock l'une de ses figures mythiques, Syd Barrett, avant d'accompagner la " psychothérapie conceptuelle " de son leader Roger Waters.
La discographie de Pink Floyd (quatorze albums studio, cinq 45 tours) décrit un cheminement tout sauf rectiligne, passionnant tant par ce qu'il révèle des enjeux que doit gérer tout groupe en quête d'identité (et de succès), que par ses exploits purement artistiques.


Les Rolling Stones : les secrets de toutes leurs chansons 1964-1976 / Steve Appleford. -Hors Collection, 2011
Qui étaient Lady Jane, Angie ou Sweet Black Angel ? Comment les Stones traversèrent-ils toutes les épreuves des années 1960 et 1970 :drogue, arrestations, accusations de satanisme, drame d'Altamont ? Depuis la première rencontre des " Gimmer Twins " Keith Richards et Mick Jagger jusqu'à l'enregistrement d'albums aussi différents que le psychédélique Their Satanic Majesties Request ou le bluesy Exile On Main Street, découvrez une foule d'informations passionnantes et stupéfiantes sur les Stones. Ce livre retrace leur incroyable histoire en révélant les secrets et la signification de toutes leurs chansons entre 1964 et 1976, dont les classiques comme (I Can't Get No) Satisfaction ou Brown Sugar.

Just Kids / Patti Smith. –Denoel, 2010
Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l'un de l'autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d'ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre. Just Kids commence comme une histoire d'amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l'ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite.

Tom Waits, une biographie - Swordfishtrombones et chiens mouillés / Hoskyns Barney. –Rivages, 2011
Après avoir joué les beatniks titubants et les poètes maudits dans la Californie des années 70, alors dominée par le folk rock des Eagles ou de Jackson Browne, Tom Waits a développé, d’une voix abrasive, une œuvre excentrique et baroque, émaillée d’albums incontournables, de Blue Valentine à Orpheans, en passant par Swordfishtrombones ou Rain Dogs. Rock star bohème à la démarche chaloupée, fan de Kerouac et de Bukowski, mais aussi acteur reconnu grâce à Francis Coppola, Jim Jarmusch ou Robert Altman, Tom Waits évolue désormais dans la cour des plus grands, aux côtés d’un Neil Young et même d’un Bob Dylan. Pourtant, on ne sait toujours pas grand-chose de ce bien fantasque personnage.

Les bibles, les missels et les bréviaires

Cinépop : Dictionnaire du rock au cinéma / Jean-Emmanuel Deluxe. -Camion Blanc, 2010
Mieux qu'un dictionnaire, Cinépop est un essai subjectif et parfois de mauvaise foi sur les liens entre pop musique, rock et cinéma. Un voyage aux frontières des séries (B, C, Z) qui donne une furieuse envie de redécouvrir acteurs, actrices, réalisateurs, compositeurs, films, genres...

Culture jeune : L’épopée du rock / Benoît Sabatier. -Hachette Pluriel, 2011
La jeunesse est une invention récente. Elle jaillit au milieu des années 50 au son des premiers tubes d’Elvis, quand les adolescents décident de ne plus être des adultes en devenir, mais de se définir comme des « jeunes ». A la fois histoire et encyclopédie du rock, ce livre propose un parcours à travers ce qui fut le principal marqueur de cette affirmation de la jeunesse : le rock, musique nouvelle, qui permit l’affirmation d’une identité générationnelle, avec ses codes et ses mythes. Nourri par des dizaines d’interviews exclusives (Iggy Pop, Madonna, Joey Starr, Daft Punk, Public Enemy, Brian Eno, Beastie Boys, Taxi Girl, Britney Spears, etc.) cet ouvrage est une plongée passionnante dans les codes et les secrets de la planète jeune des années 50 à aujourd’hui.

Dictionnaire Amoureux du Rock / Antoine De Caunes. –Stock, 2010
Amoureux du rock, Antoine de Causes l'est depuis ce jour où le hasard lui fit découvrir les Beatles sur scène. Dès lors, il passera une grande partie de sa vie à défendre cette musique par tous les moyens mis à sa disposition télévision (on se souvient de Chorus, des Enfants du Rock, de Rapido), radio, presse et, d'une manière générale, prosélytisme quotidien mettant parfois à l'épreuve la patience de ses proches.

Free Party : Une histoire, des histoires / Guillaume Kosmicki. -Le Mot et le reste, 2010
La free party est la branche clandestine et radicale de la rave. Issue d'Angleterre, profondément liée à des modes de vie nomades et alternatifs, elle s'est agencée comme une véritable contre-culture dans les années quatre-vingt-dix. C'est en France, en Italie et en Tchéquie qu'elle a connu son plus fort développement jusqu'à un âge d'or, au terme de la décennie, suivi d'une répression violente dans les années deux mille. Pourtant, aujourd'hui, plus de quinze ans après ses débuts discrets, de nombreux jeunes s'investissent encore dans l'aventure. Ils créent leurs sound-systems, organisent des teufs légales ou illégales et partent en voyage toujours plus loin pour diffuser leur mode de vie et leur musique.

Les musiques Soul et Funk. La France qui groove des années 1960 à nos jours / Vincent Sermet. -L'Harmattan
La France qui Groove… C’est une centaine d’amateurs (collectionneurs, vendeurs de disques, DJs, responsables de labels indépendants, organisateurs de concerts et de soirées, créateurs de sites Internet, animateurs à la radio, musiciens, danseurs, journalistes…) qui racontent leurs expériences et leur passion de la Soul et du Funk. L’auteur coordonne tous ces témoignages constitués d’histoires et de cultures singulières, les met en perspective et les confronte à d’autres sources, écrites (Rock & Folk, Jazz Hot), audiovisuelles (archives publiques et privées) et picturales (photographies, pochettes de disques, tickets de concerts, créations graphiques). Ce travail trouve ainsi sa place parmi les trop rares recherches menées en histoire culturelle de la musique.

Les racines des musiques noires / Liliane Prévost et Isabelle de Courtilles. -L'Harmattan, 2009
Berceau d'une communauté artistique et multiethnique, la musique africaine raconte sur des sonorités singulières l'histoire turbulente de ses peuples, les déportations esclavagistes vers les Amériques et les Caraïbes, la servitude puis la liberté retrouvée, l'intégration jamais certaine, le retour au pays, les traditions, le déchaînement des sens et des passions, le gospel, le jaillissement du jazz... Un accent a été délibérément posé ici sur les pionniers des différents mouvements qui ont contribué à l'élargissement du champ d'exploration et d'interprétation des musiques traditionnelles, source d'inspiration pour bon nombre des musiques modernes.

Live : Une histoire du Rock en public / Collectif. -Le Mot et le reste
Enregistrements en public bruts de décoffrage, reconstruits et aménagés en studio, moments de vérité souvent, dans cet ouvrage des analyses d’albums de groupes ou de musiciens, dont la production en live, pour des raisons diverses, est incontournable dans les champs musicaux du rock, aussi divers que le jazz-rock, le funk, le rap, le heavy metal, la pop, le blues, le hard, etc. Cet ouvrage, au-delà d’analyser les conditions d’enregistrement des albums, les petites et grandes histoires qui les entourent, fait le tour de toutes les conditions de l’existence de ces performances : les lieux, les contextes, les musiciens, le public.

Musiques expérimentales : Une anthologie transversale d’enregistrements emblématiques / Philippe Robert. -Le Mot et le reste
Des futuristes des années 1910 aux réductionnistes à l’amorce des années 2000, l’histoire de la musique du vingtième siècle (et du vingt-et-unième naissant) aura été marquée par l’idée d’expérimentation. Celle-ci, et pas seulement dans l’avant-garde, paraît s’être exprimée dans tous les domaines apparus alors, qu’il s’agisse entre autres de la musique électroacoustique, du jazz (quand celui-ci s’est dit « free » par exemple) ou du rock (qu’il ait été « kraut » dans les années 1970 en Allemagne, « en opposition » au milieu des mêmes années en Europe, ou encore « bruitiste » au Japon dans les années 1990). Avec, notamment : Luigi Russolo, Walter Ruttmann, Kurt Schwitters, Pierre Schaeffer, Edgar Varèse, Moondog, Iannis Xenakis, Karlheinz Stockhausen, Pierre Henry, Jean Dubuffet, William S. Burroughs, Terry Riley, La Monte Young, Albert Ayler, John Cale, Yoko Ono & John Lennon, …et beaucoup d'autres musiciens issus de tous les univers musicaux.

Parcours Blues en 150 albums / Philippe Thieyre. -Le Mot et le reste, 2010
Rendre compte de l histoire du blues et de sa découverte à travers 150 disques glanés au fur et à mesure d investigations provoquées par des concerts, des citations, des articles, des rencontres, tel est l objet de ce livre. Il ne s agit pas d être exhaustif, mais de proposer un choix parmi les oeuvres les plus marquantes de ce genre musical immortel et bien vivant, depuis Bessie Smith et Robert Johnson jusqu à Otis Taylor en passant par le blues rural des origines, les hurleurs des années quarante, précurseurs du rock n roll, le Chicago blues, la vague britannique de la fin des années soixante et le blues moderne où se mélangent rock, pop, funk et soul.

Post-Punk, No Wave, Indus & Noise, chronologie et chassés-croisés / Philippe Robert. -Le Mot et le reste, 2011
Sur les cendres du punk, quatre mouvements à l émergence quasi concomitante ont tracé la voie d'une approche nouvelle basée sur l'expérimentation et le non-conformisme : le post-punk (surtout en Angleterre), la no wave (presque principalement à New York), la musique industrielle (partout dans le monde) et enfin le noise (essaimant progressivement au niveau international en se référant aux deux derniers). Au sommaire, notamment, parmi les disques analysés sélectionnés sortis entre 1978 et 2010 : PIL, Gang Of Four, Wire, Siouxsie And The Banshees, Joy Division, The Human League, Einstürzende Neubauten, Killing Joke, Pere Ubu, Lydia Lunch, The Lounge Lizards, Kas Product, Throbbing Gristle, Cabaret Voltaire, Psychic TV, etc.

Les fétiches, les reliques et les deniers du culte

Musique ! Du phonographe au MP3 (1877-2011) / Ludovic Tournes. –Autrement, 2011
Depuis l'invention du phonographe en 1877 jusqu'à la révolution Internet, la musique enregistrée a connu une histoire longue et riche en rebondissements […]il sera question ici à la fois de l'histoire des techniques, depuis le cylindre jusqu'au mp3, de celle de l'industrie du disque, de celle des musiciens, et enfin de celle des publics.

iPod et iTunes, l'essentiel pour les nuls : pour mac et pc / Tony Bove , Andrée Sorlin ; Adapté et traduit par Pierre Chauvot. -Editions Générales First (pour les nuls), 2011
Présentation des notions essentielles permettant de prendre en main son iPod et iTunes sous Windows 7 ou Mac OS X : comme Gérer sa musique au quotidien ou créer des playlists.

Musique et stratégies numériques : Marketing, promotion, monétisation et mobilité
/ Virginie Berger. –Irma, 2011
Quels moyens déployer pour une stratégie musicale innovante dans un environnement numérique complexe ? Comment développer les relations entre artistes et fans ? Comment « monétiser » et rentabiliser les activités de l’artiste dans un monde qui change de modèle économique ?

vendredi 23 septembre 2011

"Allongement des droits voisins : 20 ans de perdus pour le domaine public" : vidéo de la semaine

L'extension des droits voisins de 50 à 70 ans a été validé la semaine dernière par le Conseil des ministres de l'Union Européenne. Victoire pour les producteurs et les artistes interprètes, cette mesure représente inversement un affaiblissement préoccupant du domaine public, comme le soulignait Calimaq, l'auteur du blog S.I.Lex, spécialiste du droit d'auteur, dans l'article Hacker le domaine public ?.

Kassandre Prod a réalisé un documentaire donnant la parole sur ce sujet à Sandrine Bélier (Députée européenne Europe Écologie Les Verts, Juriste), Gilles Pierret (Directeur de la Médiathèque musicale de Paris), Benjamin Jean (Consultant, Administrateur chez Libre Accès), Valentine Quintin (Union des Musiciens de Jazz), Gogol 1er (chanteur punk), Hervé Breuil (Lavoir Moderne Parisien).

Un reportage de Libre Accès
réalisé par Jérémie Nestel et Joseph Paris
Licence Art-Libre

source : Numérama

jeudi 22 septembre 2011

Musique ! Musique ! : chanson de la semaine #70

1939, extrait d'Hallo, Janine ! un film de Carl Boese (entrecoupé d'images d'archives des Jeunesses Hitlériennes).
L’histoire d’une danseuse française de Music-hall avec en vedette Marika Rökk qui interprète la chanson à succès du film : Ich brauche keine Millionen (paroles de Hanz Fritz Beckmann - musique* de Peter Kreuder).
L'actrice est alors l’une des plus grandes stars de la UFA, le prestigieux studio allemand contrôlé dès 1937 par le Ministère de la Propagande Nazie. La UFA sera nationalisée par le IIIe Reich en 1942.«

Ich brauche keine Millionen
mir fehlt kein Pfennig zum Glück.
Ich brauche weiter nichts als nur Musik
Musik
Musik
»

« Je n’ai pas besoin d’un million,
Ce n’est pas l’argent qui manque à mon bonheur,
Je n’ai besoin de rien d’autre que la musique,
Musique,
Musique
. »

1941, Paris est sous occupation allemande. Guy Berry (1907-1982) enregistre avec l'orchestre de Raymond Wraskoff une adaptation française très swing de la chanson sur des paroles de Robert Chamfleury et Henri Lemarchand Musique ! Musique ! Une version instrumentale de la chanson sera également enregistrée la même année par Raymond Legrand et son Orchestre.

« C’est la chanson magnifique
C’est le refrain merveilleux
Qui remplit l’air d’un air joyeux
Musique, Musique, musique.

Pris d’une joie frénétique
L’orchestre a tous les échos
Joue l’hymne des espoirs nouveaux
Musique, musique, musique

Le vent qui cueille des chansons
Beau soir des rendez-vous
Ira vous dire à sa façon
Que je suis fou de vous
Vous, vous, vous, vous...
»

*Le refrain ressemble étrangement au thème du Muppet Show. Ich brauche keine Millionen, une source d'inspiration pour Sam Pottle et Jim Henson?

sources et références :
UFA (Universum Film AG) - Wikipédia en français, en anglais, en allemand
Marika Rökk - Wikipédia en français, en anglais, en allemand
Guy Berry - sur le site Du temps des cerises aux feuilles mortes

mercredi 21 septembre 2011

L'extension Music Plus pour Chrome : le service d'écoute en streaming de Google

Les modes d'accès en ligne à la musique enregistrée n'ont jamais été aussi multiples et variés :
  • le téléchargement en Peer-to-peer (attention au gendarme Hadopi),
  • le direct download (attention aux logiciels malveillants),
  • les podcasts, les mixtapes proposés par les sites de radios et les blogs musicaux,
  • le streaming full web (Deezer, Music Me, Grooveshark) ou avec logiciel client (Spotify),
  • les webradios et les smartradios (Pandora, Last.fm),
  • le streaming avec stockage sur le cloud (Music Beta by Google, Amazon Cloud Drive),
  • le téléchargement payant (Itunes, Amazon, Fnac, Qobuz) ou téléchargement gratuit financé par la publicité (Beezik),
  • les applications dédiées sur les smarphones et les tablettes,
  • ...,
  • sans oublier le prochain et très attendu lancement de Facebook Music avec différents partenaires (Spotify, MOG, Rdio, SoundCloud, Deezer, Rhapsody, ...).

Quel modèle l'emportera, quelle pratique rencontrera l'adhésion du grand public ? Les paris sont ouverts.
Et si tous ces services se retrouvaient court-circuités par une fonctionnalité offerte directement dans le navigateur Web ?


C'est un peu ce que propose Google avec l'extension + Music pour Chrome.
L'icône +Music disponible sur le Chrome Web Store s'installe en quelques clics dans la barre d'outils de Chrome. [c'est ici].

En cliquant sur cette icone, on ouvre une fenêtre avec un player :


L'extension permet de faire une recherche sur l'artiste de son choix... enfin presque (et cette nuance est d'importance) et d'écouter une sélection de titres.
La musique est récupérée notamment sur les blogs MP3 (sur le principe de The Hype Machine). On peut naviguer sur une tracklist. La malice du dispositif est de pouvoir écouter des artistes qui sont pas disponibles aujourd'hui sur les plateformes de streaming : Pink Floyd, The Beatles, Led Zeppelin, etc. Essayez d'écouter Money de Pink Floyd, ou Whole Lotta Love de Led Zeppelin, ou Come together des Beatles sur Deezer ou sur Spotify... ce n'est pas possible, tout simplement parce qu'aujourd'hui ces artistes ou leurs ayant droit n'ont pas accordé leur autorisation pour cela.
La fenêtre +Music propose également des liens vers des sites d'information (Wikipédia, MusicBrainz, Last.fm), de vente (Itunes, Amazon), et vers les pages officielles des artistes sur les réseaux (Facebook, MySpace)

L'extension +Music permet de partager sur sa page Facebook, la musique que l'on est en train d'écouter, et, plus innovant, s'intègre également dans la barre de navigation de Facebook, comme le montre la vidéo suivante :



Music Plus, extension gadget ou killer application ?
On peut d'abord s'interroger sur la pérennité de +Music. Celle-ci peut très bien être désactivée du jour au lendemain, en raison d'accords commerciaux ou de conflits juridiques.
En l'état actuel, la fonction +Music développé par swarm.fm, et reposant sur une technologie Echonest est très loin de rivaliser avec Deezer ou de Spotify, pour la qualité du service et l'ampleur du catalogue : seules les musiques actuelles et anglo-saxonnes (rock, pop, hip-hop, electro, house, funk, jazz…) sont clairement mises en avant. Inversement, des pans entiers de répertoires sont absents comme la musique classique ou la chanson française : impossible d'écouter une chanson de Jacques Brel ou de Georges Brassens, ni une oeuvre de Beethoven ou de Debussy. De plus, seule la recherche à partir du nom du musicien est possible.
Il reste que l'intégration d'une écoute en streaming dans le navigateur et dans la page Facebook de l'utilisateur est un coup de maître... à suivre.

sources : L'extension Music Plus sur le Chrome Web Store de Google
No Facebook Music Yet? No Problem! Meet The Wonderful +Music Chrome Extension

samedi 17 septembre 2011

Le Capharnaüm : collecte #67

L'ineptie consiste à vouloir conclure. Nous nous disons : Mais notre base n'est pas fixe; qui aura raison des deux ? Je vois un passé en ruines et un avenir en germe ; l’un est trop vieux, l’autre est trop jeune. Tout est brouillé. Mais c'est ne pas comprendre le crépuscule, c’est ne vouloir que midi ou minuit. Que nous importe la mine qu'aura demain? Nous voyons celle que porte aujourd’hui. Elle grimace bougrement et par là rentre mieux dans le romantisme.
Où le bourgeois a-t-il été plus gigantesque que maintenant? Qu’est-ce que celui de Molière à côté? M. Jourdain ne va pas au talon du premier négociant que tu vas rencontrer dans la rue. Et la balle envieuse du prolétaire ? et le jeune homme qui se pousse ? et le magistrat ! et tout ce qui fermente dans la cervelle des sots, et tout ce qui bouillonne dans le cœur des gredins!
Oui, la bêtise consiste à vouloir conclure. Nous sommes un fil et nous voulons savoir la trame. Cela revient à ces éternelles discussions sur la décadence de l'art. Maintenant on passe son temps à se dire : Nous sommes complètement finis, nous voilà arrivés au dernier terme, etc., etc. Quel est l’esprit un peu fort qui ait conclu, à commencer par Homère ? Contentons-nous du tableau; c’est aussi bon.
Gustave Flaubert, extrait de la Lettre à Louis Bouilhet, Damas, 4 septembre 1850 (wikisource)

It Must Really Suck To Be Four Year Strong Right Now

Four Year Strong est un groupe de hardcore mélodique (ou pop punk, genre d'oxymore musical) originaire de Worcester (Massachusetts)
Wikipédia en français, en anglais, page Discogs
http://www.fouryearstrongmusic.com

Ty Segall - It #1

Homemade mashup (vidéo faite à la maison) associant une musique de rock garage avec une démonstration de danse crunk.
Ty Segall est un chanteur, musicien, auteur/compositeur de rock garage ayant joué dans différents groupes d'Orange County et de la baie de San Francisco (Californie)
Article Wikipédia - MySpace, page Discogs

Iceage - New Brigade

Iceage est un groupe danois de punk hardcore, avec des accents cold-wave/post-punk (réminiscences de Joy Division). Article Wikipédia, page MySpace, page Discogs, Chronique Goûte mes disques

Jet Black Crayon - 8 Bad Years

Jet Black Crayon est un des multiples projets du guitariste et skateboarder Tommy Guerrero.
Page MySpace, page Discogs

Revue de presse, revue de blogs du 4 au 17 septembre

Edvard Grieg - Concerto pour piano en la mineur
Wilhelm Bachaus, piano - New Symphony Orchestra (1932)



01. Axel Dauchez : "Universal Music est indispensable pour Deezer" [vidéo] - Le Figaro, 16/09

02. Sur la nécessaire éducation des artistes… - Don't believe the Hype, 16/09

03. La "musique intuitive" ou la virtuosité en un clic - Un monde de sons

04. Apple coupe le son - Owni, 16/09

05. Study: 92% of Music Fans Still Prefer Ownership... - digital music news, 15/09
Etude : 92% des amateurs de musique préfèrent en avoir la propriété

06. Rdio, MOG to start free streaming music service - New York Post, 14/09
Pour concurrencer Spotify, Rdio et MOG (deux plateformes de streaming américaines non accessibles en France) proposent une version gratuite

07. La musique ne veut pas mourir en bibliothèque publique : 15 propositions pour l'avenir - Bibliomancienne, 14/09

08. 11 septembre: 10 ans après, émotion, conséquences et censure pour l’industrie musicale - Don't believe the Hype, 13/09

09. Hubluc.com : Le premier moteur de recherche de musique numérique a débarqué - La Tribune, 13/09

10. La réponse de Jeanne Cherhal à « Aurélie » de Colonel Reyel - all-access, 13/09

11. Focus du mois : 25 ans de filière musicale : À travers les métiers… - IRMA, 12/09

12. Facebook: de la musique, des photos et des crédits - technaute.cyberpresse.ca, 12/09

13. Comment Google pousse ses ebooks en librairie - Etreintes digitales, 12/09

14. Neuf grands disques d’obsédés textuels - Le Fond de l'air est French, 12/09
A lire sur le nouveau webzine lancé par la médiathèque de la communauté française de Belgique

15. Klout, la bataille sociale se durcit - médiaculture, 11/09

16. Les désaccords entre syndicat et direction à la BPI autour du projet Lire le monde - Actualitté, 09/09

17. Définition et histoire de la curation, ou la transmission de la connaissance - Zeboute' Blog, 09/09

18. Expériences: PSYOP, Une Anthologie - Vibrations, 08/09
La musique comme instrument de torture

19. Echofi offre les radios personnalisées à Spotify - Fine Tuning, 07/09

20. Beigbeder paranoïaque : le livre numérique, c'est l'apocalypse - Actualitté, 07/09

21. Des milliers d’archives sonores sur la Bibliothèque nationale d’Espagne - SoBookOnline, 07/09

22. Petite Poucette, la génération mutante - Ecrans, 5/09
Interview de Michel Serres : "Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots et tout arrive : le poème, l’Enéide, le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque."

23. Le disque dans le sillon de la pub - Libération, 03/09

24. Le scandale des fichiers audio Haute Définition - bhmag, 22/07

vendredi 16 septembre 2011

Tudo isto é fado : chanson de la semaine #69

Tudo isto é fado, texte de Aníbal Nazaré, musique de Fernando de Carvalho, une chanson interprétée par Amália Rodrigues.



Perguntaste-me outro dia
Se eu sabia o que era o fado
Disse-te que não sabia
Tu ficaste admirado
Sem saber o que dizia
Eu menti naquela hora
Disse-te que não sabia
Mas vou te dizer agora
Almas vencidas
Noites perdidas
Sombras bizarras
Na Mouraria
Canta um rufia
Choram guitarras
Amor ciúme
Cinzas e lime
Dor e pecado
Tudo isto existe
Tudo isto é triste
Tudo isto é fado
Se queres ser o meu senhor
E teres-me sempre a teu lado
Nao me fales só de amor
Fala-me também do fado
E o fado é o meu castigo
Só nasceu pr'a me perder
O fado é tudo o que digo
Mais o que eu não sei dizer.
Tu m’as demandé l’autre jour
Si je savais ce qu’était le fado
Je t'ai dit que je ne savais pas
Tu as semblé surpris
Que je ne sache que dire.
Cette fois là j’avais menti
En te disant que je ne savais pas
Mais maintenant je vais te dire :
Des âmes vaincues,
Des nuits perdues,
Des ombres bizarres,
Dans la Mouraria*,
Un voyou chante,
Des guitares pleurent,
L’amour jaloux,
Les cendres et le feu,
La souffrance et le péché,
Tout cela existe,
Tout cela est triste,
Tout cela est fado.
Si tu veux que je sois tienne,
Et que je reste à tes côtés,
Ne me parle pas seulement d’amour,
Parle-moi aussi du fado.
Car le fado est mon châtiment,
Il existe seulement pour ma perte.
Le fado est tout ce que je dis
Et tout ce que je ne sais pas dire.



* la Mouraria est le "quartier le plus cosmopolite de Lisbonne et le berceau du Fado" (âme & secrets)

sources et références :

Une saison au Portugal
du 3 novembre au 3 décembre,
La médiathèque de Dole proposera de faire mieux connaître, quelques aspects de la culture portugaise et des pays lusophones à travers.
Au programme : projection de film, concert, rencontre littéraire, conférence sur le cinéma, soirée dansante... à suivre.

jeudi 8 septembre 2011

Musipédia, ou la recherche en pianotant



Problème du jour : Un air de classique vous trotte dans la tête depuis un moment, et vous n'arrivez pas à mettre un nom dessus. De quelle oeuvre s'agit-il ? Qui l'a composée ? Peut-être qu'en identifiant cette mélodie, celle-ci consentira à cesser de faire des vrilles dans votre cerveau. Mais comment faire ? Pas facile...

*

Option 1 : Prendre le temps d'écouter chacun des 30 CD du coffret Les triomphes de la musique classique, reçu en cadeau à Noël dernier, en espérant avoir la chance de tomber sur l'air en question. Non, ce n'est pas la marche turque, ni la petite musique de nuit, ni la lettre à Elise, ni le lac des cygnes, ni le boléro, ni le beau Danube bleu, ni le vol du bourdon, ...

*

Option 2 : la question à un ami : trouver dans son entourage une personne musicienne ou mélomane bien disposée, et dépasser la légitime peur du ridicule :

- C'est de qui déjà ? Toi, tu dois savoir, ça fait ti ♫ ta ♪ ti ♫ dada ♫ tadadadi di dadi ♪ pam ♪ pam ♫...

- ... ?!

- mais si enfin... c'est du Mozart, ou du Beethoven, ou peut-être Tchaïkovski... ti ♫ ta ♪ ti ♫ dada ♫ tadadadi di dadi ♪ pam ♪ pam ♫...

- heu... René La Taupe ?

- nan, Réné La Taupe, ça fait "T'es si mi - gnon, mignon, mignon, mignon..." là c'est du classique, et c'est super connu ti ♫ ta ♪ ti ♫ dada ♫ tadadadi di dadi ♪ pam ♪ pam ♫...

- ... ?!

*

Option 3 : Se lancer dans une recherche de type universitaire, et se rendre au Département de la musique à la Bibliothèque nationale pour consulter le catalogue des incipits musicaux [1].

*

Option 4 : Chercher sur le web
Commençons avec IMSLP. Le célèbre site de partitions en ligne a annoncé récemment une nouvelle fonctionnalité Search by Melody. Mais après plusieurs essais non fructueux, notre conclusion sur l'efficacité du service nous induit à parler de moteur de recherche par sérendipité : idéal pour trouver des oeuvres que l'on ne cherche pas. Intéressant sans doute, mais on s’éloigne du projet de départ.

Musipedia propose également un moteur de recherche de mélodie permettant de retrouver et d'identifier un morceau de musique,et celui-ci fonctionne beaucoup mieux. Le principe est de pianoter sur un clavier virtuel quelques notes de la mélodie. Il n'est pas nécessaire d'être dans la tonalité de l’œuvre originale, ni d'indiquer la durée de chaque note (ronde, blanche, noire, croche, etc.) même si c'est possible.



Nous avons essayé avec cet air :



Et nous avons obtenu une bonne réponse. Il s'agissait de "Tableaux d'une exposition" de Modeste Moussorgski, dont le site propose un incipit accompagné du fichier MIDI, et d'une vidéo youtube :



Le moteur de recherche de mélodie proposé par Musipédia n'est cependant pas encore infaillible, notamment à cause du nombre limité des œuvres indexées.



source : docnews : Ecrivez votre musique et retrouvez la chanson

[1] Bridgman, Nanie, « Le classement par incipit musicaux », BBF, 1959, n° 6, p. 303-308


mardi 6 septembre 2011

Le tableau périodique des groupes de heavy metal


Le métal, une musique toute en nuances et en couleurs pastel
Après le diagramme pédagogique dédié à l'histoire du rock présenté dans le film Rock academy et celui spécifiquement consacré à l'histoire du métal par Eric Lestrade, voici la table périodique des groupes phares du metal classés dans leur sous-genre respectif : alternative , avant-garde, black, death, doom, drone, folk, funk, glam, gothic, grindcore, groove, industrial, melodic death, metalcore, britsh new wave, nu, post, power, progressive, proto, rap, sludge, speed, stoner, symphonic, technical, thrash, unblack, viking. Qui osera soutenir après cela que le metal est une musique de bourrin ? :-)




Pour zoomer sur la carte : Periodic Table of Heavy Metals

source : metal maniax via Tredok

samedi 3 septembre 2011

Revue de presse, revue de blogs du 21 août au 3 septembre 2011



Johann Sebastian Bach
Partita No.3 (BWV 1006), Prélude
Sergei Rachmaninoff, arr., piano (1942)


01. France-Inter, Val qui rit et la chanson qui pleure - nos enchanteurs, 03/09

02. Sony Music met l'intégralité de son catalogue en accès gratuit sur Beezik - Journal du net, 02/09

03. Le marché de la musique a amorcé une transition en 2010 - Le Figaro, 01/09

04. De l’humour de bibliothécaire - Ludicité, 02/09

05. La musique dans les émissions TV - music lodge, 01/09

06. Les 100 qui font la rentrée culturelle - Le Figaro, 01/09

07. La bibliothèque pour les Nuls - Bambou, 01/09

08. iCloud ne proposera pas d'écoute en streaming - nouvelobs.com, 31/08

09. Mode - Desperate Librarian Housewife, 31/08

10. Facebook lancerait une plate-forme musicale le mois prochain - branchez-vous, 31/08

11. David Lynch, le monde du Silencio - L'Express, 31/08

12. Youtube et le futur de la musique en ligne - Toc-arts, 31/08

13. Le gouvernement chinois édite sa liste des 100 chansons interdites sur le web - Presse Citron, 30/08

14. Quelle est la différence entre droit d’auteur et copyright? - Don't believe the Hype, 30/08

15. Raccrocher les ados à la musique franco[phone] - Cyberpresse.ca, 30/08

16. Collector's Boutique : le dernier disquaire indépendant de la région Nord - La voix du Nord, 28/08

17. Aidez le PS à trouver une chanson ! - A la recherche des sons perdus, 28/08

18. Pierre Boulez : "Ce qui m'intéresse, c'est la pointe de l'invention" - Le Monde, 26/08

19. BBM Music, l’offre de musique dématérialisée de RIM - Fredzone, 25/08

20. Le CD est (peut-être) mort, pas la musique qui se cherche de nouvelles voies - la voix eco, 25/08

21. Qu’est ce que le code ISRC et comment l’obtenir? - Don't believe the Hype, 25/08

22. Dossier : Cloud Musique : stocker et écouter sa musique en ligne avec un smartphone ou autre ! - generation-nt, 24/08

23. How to Discover New Music in the Post-MP3 Age - lifehacker, 23/08

24. Musique : un service de stockage Cloud gagne une bataille contre les géants du disque - Clubic, 23/08

25. 100 000 partitions partagées en ligne pour l’amour de la musique - Tribune de Genève, 22/08

26. La gamification est-elle un simple concept marketing ? - Regards sur le numérique, 22/08

27. La fin des supports physiques audiovisuels est-elle programmée ? - InaGlobal, 22/08

28. 30 Years Of Music Industry Change, In 30 Seconds Or Less... - digital music news, 16/08
30 ans d'industrie du disque résumée en 30 secondes

vendredi 2 septembre 2011

Perucho's, une musique libre à Barcelone : vases communicants #9

Sur le principe des Vases Communicants, Mediamus et Ampli s'invitent mutuellement le premier vendredi du mois, chacun publiant sur le blog de l'autre. Nous donnons la parole à nos amis bibliothécaires musicaux catalans, aujourd'hui El Fonti :



Dans la Barcelone des années 70, émergea le rock laietà, une mouvance musicale underground réunissant toute une frange d'artistes et de musiciens catalans, des chanteurs folk, aussi bien que des groupes de rock jazz progressif. Cette scène se constitua au sein du réseau Zeleste, une mythique salle de concert située rue Argenteria qui avait son propre label de disques. Le Zeleste, un lieu à part,où l'on pouvait écouter des musiques déstructurées, sortant des carcans commerciaux, complétement nouvelles et inouïes pour le public de l'époque.

Parmi les musiciens en recherche, certains, une poignée, se proposaient de transgresser radicalement toutes les conventions musicales, les membres du groupe Perucho's étaient de ceux-là.

Perucho's




Tout à la fois animés de la fureur du free jazz, de l’influence de la musique contemporaine (Messiaen), de la pop expérimentale et psychédélique anglo-saxonne (Beatles, Pink Floyd, Soft Machine...), des avant-gardes européennes et américaines (Fluxus), du rock abrupt du Velvet Underground, … pour ne citer que quelques références… et dotés d’une imagination complètement débridée placée au service de la musique, quatre musiciens Jordi Graells, Oriol Pons de Vall, Albert Subirats et Oriol Perucho constituèrent la formation originale réunie sous le nom de Perucho's. Le quatuor va se lancer dans une musique tantôt savamment composée, tantôt improvisée en dehors de toute convention esthétique et de toute tentation mercantile. Liberté créative, musique libre. Free est la musique de Perucho's.

En 1979, le groupe disparaît après 6 ans d’existence difficile, non sans avoir enregistré un vinyle LP avec la collaboration d’une douzaine d’autres musiciens.

Fort heureusement en 2011, le label La Olla express dirigé par Eli Gras, a réédité le LP sous la forme d'un livre CD très soigné.



l’album Perucho's (CD objeto, reedición, reportaje, LP 1979) est proposé en streaming sur Bandcamp:



Le texte de présentation de la notice a été écrit par Jack Torrance, pseudonyme de Germain Lazare, l’un des meilleurs critiques et chroniqueurs pour la musique expérimentale à Barcelone. Sur son blog Overlook Hotel, Jack Torrance a consacré à Perucho's une série d'articles en présentant de nombreux documents d'archive (photos, affiches, articles, etc.) dont les vidéos d'un concert qui s'est tenu en mai dernier au bar la Casa Almirall.



Sources et références pour aller plus loin :

jeudi 1 septembre 2011

Lettera amorosa : chanson de la semaine #68

"Se i languidi miei sguardi : lettera amorosa a voce sola" [Si mes regards alanguis : lettre d'amour pour voix seule] est un madrigal composé par Claudio Monteverdi sur un texte de Claudio Achillini, publié en 1619 dans le Septième Livre de Madrigaux.
La particularité de l'oeuvre et de sa réponse la Partenza amorosa est d'être écrite dans le style représentatif (stile rappresentativo), style ainsi définit : "Dans chaque cas, le compositeur se montre suprêmement attentif à l'accent qui doit détacher le mot clé, à tous les accidents expressifs du discours, à ses contrastes aussi, et à l'intensité du " geste verbal " qui vient appuyer l'action et amplifier le pouvoir du texte [...] Il reste que la grande nouveauté du genre représentatif est avant tout de donner l'illusion du théâtre, de la vie et du visuel en dehors de toute représentation scénique. " (Larousse)

Ici par un parlar cantando la chanteuse lit / interprète une lettre d'amour qui lui est adressée. Mise en abîme, ou "jeu de poupées russes où l'amant écrit une lettre lue par son aimée qui elle même nous propose cette perspective d'une femme qui dit et ressent, chante des mots et des émotions d'homme." (absolute zero) . La lettera amorosa se chante sans mesure, la métrique étant laissée à l'appréciation de l'interprète.

La Lettera amorosa est interprétée ici par Sara Bino, soprano accompagnée de Ziv Braha au Théorbe.
Ce projet du Théâtre Musical de la Schola Cantorum Basiliensis (Bâle, Suisse) a été réalisé en mars 2011, il est intitulé "Klangwandeln im Zeitlabyrinth der Bibliothek" [Déambulation sonore dans le labyrinthe temporel de la bibliothèque].




Se i languidi miei sguardi,
Se i sospiri interrotti,
Se le tronche parole
Non han sin or potuto,
O bell'idol mio,
Farvi delle mie fiamme intera fede,
Leggete queste note,
Credete a questa carta,
A questa carta in cui
Sotto forma d'inchiostro il cor stillai.
Qui sotto scorgerete
Quegl'interni pensieri
Che con passi d'amore
Scorron l'anima mia;
Anzi, avvampar vedrete
Come in sua propria sfera
Nelle vostre bellezze il foco mio.

Non è gia parte in voi
Che non forza invisibile d'amore
Tutto a sè non mi tragga:
Altro già non son io
Che di vostra beltà preda e trofeo.
A voi mi volgo, o chiome,
Cari miei lacci d'oro:
Deh, come mai potea scampar sicuro
Se come lacci l'anima legaste,
Comme oro la compraste ?
Voi, pur voi dunque siete
Della mia libertà catena e prezzo.
Stami miei preziosi,
Bionde fila divine,
Con voi l'eterna Parca
Sovra il fuso fatal mia vita torce.

Voi, voi capelli d'oro
Voi pur siete di lei,
Ch'è tutta il foco mio, raggi e faville;
Ma, se faville siete,
Onde avvien che ad ogn'ora
Contro l'uso del foco in giù scendete ?
Ah che a voi per salir scender conviene,
Chè la mangion celeste ove aspirate,
O sfera de gli ardori, o paradiso,
E posta in quel bel viso.

Cara mia selva d'oro,
Richissimi capelli,
In voi quel labirinto Amor intesse
Onde uscir non saprà l'anima mia.
Tronchi pur morte i rami
Del prezioso bosco
E dal la fragil carne
Scuota per lo mio spirto,
Che tra fronde sì belle, anco recise,
Rimarrò prigionniero,
Fatto gelida polve ed ombra ignuda.

Dolcissimi legami,
Belle mie piogge d'oro
Quali or sciolte cadete
Da quelle ricche nubi
Onde raccolte siete
E, cadendo, formate
Preziose procelle
Onde con onde d'hor bagnando andate
Scogli di latte e rivi d'albastro,
More subitamente
(O miracolo eterno
D'amoroso desìo)
Fra si belle tempeste arse il cor mio.

Ma già l'ora m'invita,
O degli affetti miei nunzia fedele,
Cara carta amorosa,
Che dalla penna ti divida omai;
Vanne, e s'amor e'l cielo
Cortese ti concede
Che de' begli occhi non t'accenda il raggio,
Ricovra entro il bel seno:
Chi sà che tu non gionga
Da sì felice loco
Per sentieri di neve a un cor di foco !
Si mes regards alanguis,
Si mes soupirs interrompus,
si mes paroles inachevées
n'ont pu encore,
ô ma bien-aimée,
vous convaincre de ma flamme
lisez ces notes,
croyez en cette lettre,
où en guise d'encre je saignais mon cœur.
Vous y percevrez
les pensées secrètes
qui traversent mon âme
d'un pas amoureux;
vous verrez même brûler
comme en sa propre sphère,
mon feu pour vos beautés.


Chaque partie de votre être
m'entraîne entièrement vers elle
avec la force invincible de l'amour;
Je ne suis rien d'autre
que la proie et le trophée de votre beauté.
A vous je m'adresse, ô chevelure,
mes chaînes d'or bien-aimées:
Las, comment pouvais-je m'échapper
si vous maintenez mon âme entrelacée
comme une tresse, achetée comme de l'or?
Vous donc, vous êtes, de ma liberté
la chaîne et le prix.
Mes précieux joyaux,
blonds fils divins,
avec vous l'éternel Parque
sur so fuseau fatal file ma vie.

Vous, vous cheveux d'or,
vous appartenez donc à celle
qui est tout mon feu, le rayon et l'étincelle;
mais si vous êtes des étincelles,
pourquoi, au contraire du feu,
descendez-vous toujours?
Ah, vous devez descendre pour atteindre
ce que vous désirez,
ô sphère de passion, ô paradis:
le haut des cieux, ce beau visage.

Ma chère forêt d'or,
précieuse chevelure
en vous Amour tissa le labyrinthe
d'où mon âme ne saurait fuir.
Puisse la mort tailler le feuillage
du précieux bocage,
et libérer mon esprit de la chair fragile,
car de ce si beau ramage,
quand bien même émondé,
je resterai le prisonnier
devenu froide poussière et ombre nue.

Liens si doux,
mes belles pluies d'or
dont les gouttes tombent
de ces riches nuages
qui vous retiennent
et, en tombant, vous provoquez
de précieuses tempêtes
baignant de vagues en vagues d'or
subitement assombries
les rochers de lait et les ruisseaux d'albâtre,
(oh éternel miracle
du désir amoureux)
dans le si belles tempêtes je brûlai mon cœur.

Mais déjà l'heure m'invite,
ô messagère des mes affects,
chère lettre d'amour,
à te séparer désormais de ma plume ;
va, et si l'amour et le ciel
courtois permettent que le rayon
des beaux yeux ne te brûle,
réfugie-toi dans le beau sein:
partant d'un lieu si heureux
peut-être atteindras-tu
par des sentiers de neige un cœur en feu.


disponible à la médiathèque de Dole :
Concerto : settimo libro di madrigali du Claudio Monteverdi / La Venexiana. - Glossa, 1998 (1 CD)

sources :

Le madrigal italien (1530 - 1640) http://absolutezero.your-board.com/t24p60-le-madrigal-italien-1530-1640

Article Larousse : le style représentatif : http://www.larousse.fr/encyclopedie/musdico/repr%C3%A9sentatif/169777

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