14 janvier 2020

Vladimir Vyssotski chante "Моя цыганская" [Ma tzigane] et son adaptation en français "Plus rien ne va" : chanson de la semaine #129

Vladimir Vyssotski [Владимир Высоцкий] (1938-1980), chanteur et comédien moscovite très populaire, a écrit et composé plus de 600 chansons, dont très peu cependant furent éditées de son vivant en Russie (Un album chez Melodiya en 1978).

Vyssotski créa  Ma (chanson) tzigane pendant l'hiver 1967-1968, et l'enregistrera à de multiples reprises, sous différents titres Цыганочка [Tsigane], Моя цыганочка [Ma tzigane], Вариации на цыганские темы [Variations sur des thèmes tziganes], Всё не так [Ça n'est pas ça], В сон мне — жёлтые огни [Mon rêve, lumières jaunes].

Il circule ainsi 34 interprétations de Ma Tsigane enregistrées par Vyssotski entre 1968 et 1979, en Russie, mais aussi hors du territoire soviétique.

La chanson "Моя цыганская" - article wikipedia en russe






Моя Цыганская
В сон мне - жёлтые огни,
И хриплю во сне я:
- Повремени, повремени,-
Утро мудренее!
Но и утром всё не так,
Нет того веселья:
Или куришь натощак,
Или пьёшь с похмелья.

В кабаках - зелёный штоф,
Белые салфетки.
Рай для нищих и шутов,
Мне ж - как птице в клетке!
В церкви смрад и полумрак,
Дьяки курят ладан.
Нет! И в церкви всё не так,
Всё не так, как надо.

Я - на гору впопыхах,
Чтоб чего не вышло.
А на горе стоит ольха,
А под горою вишня.
Хоть бы склон увить плющом,
Мне б и то отрада,
Хоть бы что-нибудь ещё...
Всё не так, как надо!

Я тогда по полю, вдоль реки.
Света - тьма, нет бога!
А в чистом поле васильки,
Дальняя дорога.
Вдоль дороги - лес густой
С Бабами-Ягами,
А в конце дороги той -
Плаха с топорами.

Где-то кони пляшут в такт,
Нехотя и плавно.
Вдоль дороги всё не так,
А в конце - подавно.
И ни церковь, ни кабак -
Ничего не свято!
Нет, ребята, всё не так,
Всё не так, ребята!
Ma chanson tzigane
Dans mon rêve, des lumières jaunes,
Et dans mon rêve, je me répète :
- Attends un peu, attends un peu,
Le matin qui vient sera plus calme!
Mais au matin, ça ne va pas,
Rien de réjouissant :
Ou tu fumes à jeun,
Ou tu bois sur ta gueule de bois.

Dans les tavernes, bouteilles vertes,
et serviettes blanches.
Paradis des épaves et des bouffons,
Et moi - comme un oiseau en cage!
Dans l’église crépusculaire puante d'humidité,
Des diacres brûlent de l’encens.
Non ! A l’église ça ne va pas,
Tout ne va pas comme il se doit.

Je me démène sur une montagne,
Alors ça ne sert à rien.
Et sur la montagne se dresse un arbre,
Et en bas de la montagne il y a une cerise.
Si au moins du lierre poussait sur la pente,
J’en serais content,
Tout ne va pas comme il se doit.


Et je vais par les champs, le long de la rivière,
Lumière - ténèbres, il n’y a pas de dieu!
Dans le champ il y a des bleuets,
La route est longue.
Le long de la route - Une forêt épaisse
pleine de sorcières (Baba-Yaga)
Et au bout de la route
Un billot et des haches.

Quelque part, des chevaux dansent en cadence,
A contrecœur, indolemment.
Tout va mal le long de la route.
Et à la fin, c’est encore pire,
Ni l'église, ni la taverne,
Rien n’est sacré !
Non les gars, ça ne va pas,
ça ne va pas, les gars !

Traduction littérale par nb du texte original avec comme support les traductions en anglais, allemand, italien, tchèque, croate, hongrois, roumain proposées sur le site Lyricstranslate.com

***

Vladimir Vyssotski chante en français "Plus rien ne va" 

Pendant un séjour en France avec son épouse Marina Vlady à la fin des années 70, Vyssotski rencontre Maxime Le Forestier qui lui présenta une adaptation en français de deux de ses chansons : Le Vol arrêté et Rien ne va (d'après "Моя цыганская" [Ma tzigane]).

Vladimir Vyssotski - Plus rien ne va
adaptation du texte en français par Maxime Le Forestier

"Sommeillant, je vois la nuit des crimes lourds où l'on saigne
Pauvre de moi, pauvre de moi, l'outre est pleine à craquer
Au matin, comme il est âcre le goût du vin maudit !
Va, dépense tout mon crédit car j'aurai soif aujourd'hui

Rien ne va, plus rien ne va
Pour vivre comme un homme, comme un homme, comme un homme droit
Plus rien ne va
Pour vivre comme un homme doit !

Dans tous les cabarets sans fond où je m'enterre chaque nuit
Je suis l'empereur des bouffons, le frère de n'importe qui
Je vais vomir mon repentir au pied des tabernacles
Mais comment prier dans la fumée de l'encens des diacres ?

Rien ne va, plus rien ne va

[...] " (extrait)

***

Sources et références :
Vladimir Vyssotski - wikipédia - discogs

Podcast :
France Culture - Une vie une oeuvre - Vladimir Vyssotski, le cri de l’âme (1938-1980)


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