samedi 28 avril 2007

Naissance de l'industrie du disque : histoire du disque #3

Emile Berliner, le concepteur du disque horizontal
1887
un chercheur allemand émigré aux États-Unis travaillant pour la firme Bell & Tainter, met au point le disque horizontal en ébonite (mélange de caoutchouc et de souffre), ce nouveau support entre en concurrence avec le cylindre.
Selon ce procédé, le tracé sonore était tout d'abord dessiné en sillon et en spirale, sur un disque de zinc recouvert d’une fine couche de cire.

1893, Emile Berliner met au point un procédé de galvanoplatie (opération qui consiste à déposer par électrolyse une couche de métal sur un support conducteur et servant de moules pour tirer des «positifs», d’abord en ébonite, puis en gomme-laque)
Selon le principe du moule à gauffre !
Un procédé très adapté à la production de masse pour le divertissement musical.

1898, Emile Berliner rentre à Hanovre (Allemagne) et crée ainsi la première fabrique de pressage de disques plats a Hambourg par galvanoplastie et fonde avec son frère, la Deutsche Grammophon Gesellschaft qui, dès 1901, s’enorgueillit d’un catalogue fabuleux: «Plus de cinq mille enregistrements dans toutes les langues du monde!»

En France, la commercialisation commence avec Henri Lioret qui lance le Lioretgraph (1893) et avec les frères Charles et Émile Pathé, qui nesont pas en reste avec ... le Pathéphone.

Après avoir fait entendre le phonographe dans les foires, les Frères Pathé constituent (1896) une petite société, qui grandit rapidement, tout en restant longtemps fidèle au cylindre, avant d'adopter le disque gravé.

Une nouvelle culture
C'est la musique qui profite surtout de cette invention, à partir de 1900.
Des stars mondiales, produit de l'industrie naissent avec la diffusion du disque.
Le ténor Enrico Caruso a été la première star du disque.


Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’y eut pas de passage net du cylindre (procédé Edison) (apprécié pour la constance de sa vitesse linéaire) au disque (procédé Cros/application Berliner) (plus maniable, moins encombrant, de classement plus facile). Mais vers 1920, le phonographe à rouleaux est complètement évincé.

Dans les années 20, arrive l'amplification
Après l'invention du microphone et du haut-parleur électriques, on entre alors véritablement dans le domaine de l'électroacoustique. Grâce à ces découvertes, les premiers disques, enregistrés à l'aide de microphones, d'amplificateurs et de transducteurs électromécaniques appelés graveurs, sont mis dans le commerce en 1924.
Les têtes de lecture électriques, alimentant un amplificateur et des haut-parleurs, commencent à se substituer aux têtes à lecture directe des gramophones traditionnels dans le courant des années 30.

L'époque des 78 tours
1927 généralisation de la vitesse de rotation du disque qui est fixée à 78 tours par minute (en anglais 78 RPM).

Dans l'entre-deux- guerres, ce sont les vedettes du music-hall telles que Joséphine Baker, Charles Trenet ou Maurice Chevalier qui font les beaux jours de l'industrie phonographique.


Dès 1938 , le philosophe polémiste (grincheux ?) Theodor W. Adorno fustigera la massification de la culture telle qu'elle se diffuse avec l'industrie du disque dans un essai prophétique "Le caractère fétiche de la musique et la régression de l'écoute" (Allia, 2001). Adorno avait une conception assez dogmatique et restreinte de la musique : Arnold Schoenberg.
Pour lui, hors de l'esthétique de la nouvelle école de Vienne tout était régression, Stravinski, comme le jazz.
On peut présumer qu'il n'aurait pas aimer non plus les clips de MTV ;-)

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale commencera l’âge d’or du disque avec 3 innovations : le microsillon, la haute-fidélité et la stéréophonie
... à suivre !

A lire :
Bruno Sébald, L'édition phonographique : 1895-1950, des débuts de la commercialisation des phonogrammes à l'apparition du microsillon, AFAS [Association des détenteurs de documents audiovisuels et sonores]

Collections de 78 tours numérisés en ligne :
>Nos "78 tours"
Plus de 5000 disques 78 tours à écouter au format MP3 classique jazz nostalogie
http://www.78-tours.net/
>Internet Archive - 78 RPMs
http://www.archive.org/details/78rpm
>Le Gramophone virtuel : Enregistrements historiques canadiens
http://www.collectionscanada.ca/4/4/index-f.html
>Here is Jazz Old Time on line
http://www.jazz-on-line.com/index.htm
>Turtle "78 RPM" Jukebox
http://turtleservices.com/jukebox.htm
>The cylinder archive
http://www.cylinder.de
>Jan's 78 RPM Record Warehouse
http://www.78rpm.hovers.nl/

Connaissez-vous d'autres sites proposant des archives sonores numérisées et accessibles en ligne ?

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