vendredi 31 août 2007

Stanley Kubrick et la musique

"Un film est – ou devrait-être – beaucoup plus proche de la musique que du roman.[...]"
Stanley Kubrick, 1964

Dans le courant du mois de septembre, le département Arts de la Médiathèque de Dole propose une rétrospective des films de Stanley Kubrick et de David Lynch.
Le dossier documentaire réalisé à cette occasion est
en ligne.


Revoir... et réentendre les films de Stanley Kubrick
Si au début de sa carrière, Stanley Kubrick commande des partitions originales à des compositeurs (Gerald Fried, Alex North, Laurie Johnson), le cinéaste aura plus souvent recours par la suite à des musiques déja écrites. Il puisera ainsi pour une large part dans le répertoire de la musique classique (Strauss, Beethoven, Haendel, Schubert) et de la musique contemporaine (Ligeti, Bartok, Penderecki) mais également dans les répertoires de la musique électronique (Wendy Carlos), du jazz, du rock (The Rolling Stones, Chris Isaak) et de la variété (Gene Kelly, Frank Sinatra). Ce sujet a été remarquablement traité par Damien Deshayes dans l'article intitulé "La musique dans l’œuvre de Stanley Kubrick : Tradition et modernité : l’intellectualisation de la musique de film" à lire sur le site Cinezik.org.
Difficile après avoir consulté un article aussi documenté, de trouver quelque chose à ajouter ! On se contentera donc de présenter, sans volonté d'exhaustivité, la référence des compositeurs et des interprètes dont les oeuvres ont été adoptées (et parfois adaptées) par cet immense cinéaste américain souvent dérangeant, mais réellement visionnaire.

1951 : Day of the Fight ; 1951 : Flying Padre ; 1953 : Fear and desire ; 1955 : Le Baiser du tueur ; 1956 : L'Ultime razzia [The killing] ; 1957 : Les Sentiers de la gloire [Paths of glory] : les musiques des 6 premiers films de Kubrick ont été composées par Gerald Fried

1960 : Spartacus : musique composée par Alex North, élève d'Aaron Copland, il a également composé la musique d'un Tramway nommé désir, et plusieurs musiques de film pour John Huston.

1962 : Lolita : musique composée par Bob Harris et Nelson Riddle. Ce dernier est un grand arrangeur et orchestrateur de jazz qui a travaillé pour Franck Sinatra et Ella Fitzgerald

1964 : Docteur Folamour [Dr Strangelove] : Musique originale composée par Laurie Johnson (le thème de Chapeau melon et bottes de cuir est également de lui)

1968 : 2001 : l'odyssée de l'espace [A Space Odyssey] : Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss. Le Beau Danube bleu [Der schönen blauen Donau ] de Johann Strauss. Requiem, Lux Aeterna, Atmospheres, Adventures de György Ligeti

1971 : Orange mécanique [A Clockwork Orange] (film interdit aux moins de 16 ans) : une B.O. marquée par la réinterprétation d'oeuvres classiques au synthétiseur par l'artiste transgenre Wendy Carlos (d'abord prénommé Walter). Sont ainsi jouées dans une version électronique : la 9e symphonie de Ludwig van Beethoven, l'Ouverture de Guillaume Tell de Gioacchino Rossini, Pump and circonstances d' Eward Elgar. Si vous avez vu le film, vous n'avez bien sûr pas oublié la chanson Singin' In the Rain, écrite par Arthur Freed et Nacio Herb et chantée par Gene Kelly (pour une scène d'une violence insoutenable). Tirées du film, les deux photos placées en haut d'article montrent Alex (l'acteur Malcolm McDowell) dans sa chambre -on aperçoit sa chaîne Hi-Fi, sa collection de vinyles 33 tours et sur le mur un poster de Beethoven - , puis Alex habillé en dandy se pavanant à la "disc-bootick" et approchant deux "devotchkas".

1975 : Barry Lyndon : véritable compilation d'oeuvres classiques qui se placera en tête des ventes grâce à la fameuse Sarabande d'Haendel. Le trio pour piano op 100 de Franz Schubert. Le concerto pour violoncelle en mi mineur d'Antonio Vivaldi. Le concerto pour deux clavecins de Jean-Sébastien Bach. Hohenfriedberger March de Frédérique le Grand, etc. Des airs traditionnels irlandais et anglais : Piper's maggot jig, The sea maiden, Lilliburlero, certains interprétés par The Chieftains.

1980 : Shining : Différentes oeuvres de Krzysztof Penderecki dont De Natura Sonoris, Polymorphia, Utrenja, The Awakening of Jakob, etc. Lontano de György Ligeti. L'adagio de la Musique pour cordes, percussions et célesta de Béla Bartok. Rocky Mountains de Wendy Carlos qui interprète également Dies Irae, célèbre thème grégorien (déja repris par Berlioz dans sa symphonie fantastique, ... et par Michel Sardou ;-P) arrangé au synthétiseur. On entend également du jazz avec des airs joués par des orchestres de variété des Années Folles tels que Jack Hilton and his Orchestra, Ray Noble Orchestra, Henry Hall & the Gleneagles Hotel Band.

1987 : Full Metal Jacket : partitions d’ Abigail Mail (le pseudonyme de Vivian Vanessa Kubrick, la fille du cinéaste). Des chansons pop-rock dont "Paint in black" des Rolling Stones

1999 : Eyes Wide Shut : La valse 2 de Dmitri Chostakovitch. Musica Ricercata de György Ligeti. Strangers in the Night chantée par Frank Sinatra. Baby Did a Bad Thing chantée par Chris Isaak


A venir : David Lynch et la musique

Aucun commentaire:

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...