samedi 9 janvier 2010

Les Années Folles au fil de la chanson. 2ème partie, 1925-1929






1925

Est-ce que je te demande
Musique de Raoul Moretti, paroles de Yves Mirande et Albert Willemetz, chanson créée par Dranem tirée de l’opérette Trois jeunes filles nues créée aux Bouffes Parisiens.
Est-ce que je te demande
Si ta grand-mère fait du vélo
Si ta p’tite sœur est grande
Si ton p’tit frère a un stylo
Si ta cousine Fernande,
Pour coudre des anneaux aux rideaux
Bien qu'on le lui défende,
Prend les aiguilles du phono ?

1926

Les roses blanches
Musique de Léon Raiter, paroles de Charles Pothier par Berthe Sylva
La chanson mélodramatique à son apogée
C'était un gamin, un gosse de Paris,
Pour famille il n'avait qu' sa mère
Une pauvre fille aux grands yeux rougis,
Par les chagrins et la misère
Elle aimait les fleurs, les roses surtout,
Et le cher bambin tous les dimanche
Lui apportait de belles roses blanches,
...
"C'est aujourd'hui dimanche,
Tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches,
Toi qui les aime tant..."

Comme un moineau
Musique de Jean Lenoir, paroles de Marc Hély, par Fréhel (en photo)
C'est près d'une gouttière à matous
Dans une mansarde de n'importe où
A Montparnasse
Que je suis venue au monde sur les toits
Et que j'ai pour la première fois
Ouvert les chasses
Mes pères et mères déchards comme tout
Qui de plus n'aimaient pas beaucoup
Sucer de la glace
A l'heure des repas dans notre garno
Me laissaient souvent sans un pélot
Le bec ouvert
Comme un moineau!


Les papillons de nuit
Musique de Gaston Gabaroche, paroles de Charles Abadie, par Fred Gouin (en photo)
Les nuits d'été, quand Montmartre est en fête
Dans le décor d'un cabaret mondain
On voit Lélio, le danseur argentin
Par ses yeux noirs faire tourner les têtes
Et brunes et blondes en joyeux tourbillon
Vers lui s'en vont au son de la musique
Comme attirés par les feux électriques
Par la fenêtre entrent des papillons

Où est-il donc ?
Musique de Vincent Scotto, paroles de André Decaye et Lucien Carol, par Fréhel
Y'en a qui vous parlent de l'Amérique
Ils ont des visions de cinéma
Ils vous disent "quel pays magnifique"
Notre Paris n'est rien auprès de ça
Ces boniments-là rendent moins timide,
Bref, l'on y part, un jour de cafard...
Ça fera un de plus qui, le ventre vide
Le soir à New-York cherchera un dollar
Au milieu des gueux et des proscrits,
Des émigrants aux coeurs meurtris;
Il pensera, regrettant Paris

Où est-il mon moulin de la Place Blanche?
Mon tabac et mon bistrot du coin?

Ça c’est Paris
Paroles de Jean Boyer et Jacques-Charles, Musique de José Padilla, créée par Mistinguett au Moulin Rouge
Paris c'est une blonde
Qui plaît à tout le monde
Le nez retroussé l'air moqueur
Les yeux toujours rieurs
Tous ceux qui la connaissent
Grisés par ses caresses
S'en vont mais reviennent toujours
Paris à tes amours !

La petite vogue de Paris
Malgré ce qu'on en dit
A les mêmes attraits qu'Hollywood
Oui mais... Elle possède à ravir
La manière de s'en servir
Elle a perfectionné la façon de se donner
Ça, c'est Paris ! Ça, c'est Paris !

Riquita
Paroles de Ernest Dumont, Musique: Ferdinand-Louis Benech, par Georges Jysor
Chanson exotique comme Nuits de Chine également signée Dumont-Benech, popularisée à nouveau dans les années 60 par Georgette Plana.
A Java il était né
Une poupée,
Une poupée si jolie
Qu'on eût dit
Un bijou ou un joujou
Qu'on adore et qui rend fou.
Un étranger en passant,
La voyant,
Lui dit : Viens donc à Paris
Ma jolie !
Les plaisir et les désirs
Te feront reine ou démon !

Riquita,
Jolie fleur de Java,
Viens danser,
Viens donner des baisers.

Parlez-moi d’amour
Paroles et musique de Jean Lenoir, par Lucienne Boyer
Parlez-moi d'amour,
Redites-moi des choses tendres.
Votre beau discours,
Mon cœur n'est pas las de l'entendre.
Pourvu que toujours
Vous répétiez ces mots suprêmes:
Je vous aime.

1927

Pour acheter l’entrecôte
Robert Goupil, musique de Marius Zimmerman, interprétée par les Frères Jacques en 1946
Chanson mélodramatique narrant la lente déchéance de la pauv' Lisette sur laquelle comme disait Coluche « le sort s’acharne obstinément ». Le chanteur du Nord Raoul de Godewarsvelde en a donné une interprétation dans la lignée de celle des Frères Jacques.
A l'atelier qui bourdonn' comme une ruche
La pauvr' Lisette sanglote en travaillant
Car son vieux père est mort de la coqueluche
Ell' reste seule pour nourrir cinq z' enfants
Dix petits pieds réclament des chaussures
La neige tombe, il va sûrement faire froid
Tout en cousant pour les riches créatures
La petit' main sent frissonner ses doigts
Et dans son estomac que torture la faim,
elle sent que grandit la peur du lendemain

C'est pour pouvoir acheter l'entrecôte
Qui nourrira les chères têtes blondes
Qu'elle travaille pour les gens de la haute
...

1928

Ramona
Musique de Mabel Wayne, paroles de L. Wolfe Gilbert traduites par Saint-Granier, Jean Le Seyeux et Albert Willemetz, par Saint-Granier
Depuis le moment
Où je t'ai connue
Hélas follement
Je n'ai pas cessé
De penser à toi
Comme un insensé

Ramona, j'ai fait un rêve merveilleux
Ramona, nous étions partis tous les deux

Les Artichauts
Musique Raoul Moretti, paroles André Barde, par Georges Milton
Chanson de l’opérette Le Comte Obligado, portée à l’écran en 1934.
Comme Est-ce que je te demande, voici une autre chanson qui pose une vraie question existentielle !
Quand on m' pose une question
Qui mérite attention,
Moi, je n' fais pas c'lui qui réfléchit,
Pas d'embarras et pas de chichis,
J'ai un truc épatant
Qui rend tout l' monde content,
Avec conviction
J' réponds à la question
Par cette interrogation

Est-ce que les artichauts
Froids sont meilleurs que chauds ?

On m'suit
Musique de Fred Pearly et Pierre Chagnon, paroles de Leo Lelievre fils par Mistinguett
J'peux pas faire un pas
Quand je sors de chez moi
On m'suit pas à pas
Je ne sais pas pourquoi
A mon oreille j'entends
Des tas d'propos galants
Les hommes me disent bonjour
E t m'parlent d'amour

Je suis une blondinette
Je suis très coquette
Et dans tout paris on m'suit

1929

Pouèt ! Pouèt !
Musique Maurice Yvain, paroles André Barde, par George Milton
Dans les bagnol's aujourd'hui
C'est la poule qui conduit
L'monsieur roul'des yeux d'veau
Pendant qu'ell'pilot' sa cinq ch'vaux
Il a l'air embêté,
Assis à ses côtés
Et quand ell'serr' les freins
Il serr'autr'chose sans entrain
Il lui faut du courage
Lorsqu'ell' prend ses virages
Quand moi, j'en vois
A un croisement du bois
Qui fonc' sur moi viv'ment,
Je n'l'engueul' pas mais galamment

Je lui fais Pouet-pouet ! Elle me fait Pouet-pouet !
On se fait Pouet-pouet, et puis ça y est.

Ce n'est que votre main, Madame
Musique rené Sylviano, paroles Léo Lelièvre
Allez-vous rire
Ou me maudire
En écoutant ce que je vais vous dire ?
Mais, tout de même,
Audace extrême,
Je dois vous avouer que je vous aime
Oui, j'avais su rester discret,
Aujourd'hui voici mon secret :

Ce n'est que votre main, Madame,
Sur quoi j'ose poser,
Gage d'amour certain, Madame,
Un timide baiser.

Sources :

* La chanson française et francophone / sous la dir. de Pierre Saka, Yann Plougastel. - Larousse, 1999. - 479 p. ; 24 cm. - (Guide Totem)
* Le Hall de la Chanson : Panorama de la chanson : 1850-2000
* chanson.udenap (Université de Napierville) : Du Temps des cerises aux Feuilles mortes
* Les grandes chansons, Les grands interprètes 1850-1957

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