vendredi 6 mai 2011

La musique, première pratique culturelle en Catalogne. Les bibliothèques doivent-elles en tenir compte? : Vases communicants #6

Sur le principe des Vases Communicants, Mediamus et Ampli s'invitent mutuellement le premier vendredi du mois, chacun publiant sur le blog de l'autre. Nous donnons la parole à nos amis bibliothécaires musicaux catalans, aujourd'hui : El Fonti




L'étude sur « La consommation de livres en Catalogne, 2010 » a été élaborée par la FUNDACC (Fondation des Audiences de la Communication et la Culture), elle fournit une analyse détaillée à partir de données obtenues par l'étude des audiences et des marchés de consommation culturelle en langue catalane.

Basée sur un échantillon de 31.000 personnes interrogées, cette étude analyse la pratique de lecture des catalans en 2010, et son évolution depuis 2007. Elle analyse également les profils socio-démographiques et sociolinguistiques des lecteurs, et des non-lecteurs, les principales variables liées à l'habitude de lire (la fréquence de lecture, les genres littéraires préférés, le mode d’accès aux livres, la langue, etc.)

Enfin, l'étude compare la consommation de livres avec le reste de l'offre culturelle disponible, avec une analyse région par région, dans la communauté autonome de Catalogne.

Les données parlent clairement.

Près de 90% des personnes placent l’écoute de la musique parmi leurs pratiques culturelles, loin devant les livres, le cinéma, les expositions, les concerts, les spectacles, les jeux vidéo.

La bibliothèque publique doit-elle prendre en compte de ce fait social ? Oui ou Non ?

Comme bibliothécaires spécialisés dans le domaine de la musique, notre réponse est certainement oui.
Regroupés au sein d’AMPLI, l'Association des Musicthécaires, nous avons depuis trois ans étudié cette question, et notre conviction s’est renforcée. En 2009, dans le cadre des Ecoles d'Hiver et d’été de la Bibliothèque publique, nous avons présenté des propositions en particulier dans ce document « Les àrees musicals de les biblioteques públiques: tàctiques i estratègies per al segle XXI » (Les espaces musicaux dans les bibliothèques publiques : tactiques et stratégies pour le 21e siècle). Ce document a ainsi été présenté à l’attention de nos responsables de réseaux de bibliothèques municipales.

L'ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale), une association qui pour nous est une référence, a également publié ce document sur son site. Cela nous laisse à penser que, peut-être, nous n'allons pas forcément dans la mauvaise direction.

La plupart des propositions présentées ici restent parfaitement valables aujourd'hui, et s'accordent avec l'esprit du manifeste présenté lors des dernières Rencontres Nationales des Bibliothécaires Musicaux à Auxerre en 2011 : « La musique a toute sa place en bibliothèque ».

L'Association musicteraris et le blog AMPLI sont les laboratoires où nous développons cette réflexion. Pour avancer, il faut davantage de coopération entre les gestionnaires de réseaux et les directeurs des bibliothèques, entre les spécialistes et tous les collègues de la profession. Nous avons l’énergie et l'enthousiasme pour affronter les défis de notre temps sur cette question.

Car aujourd'hui à la bibliothèque, il n'y a pas beaucoup d'actions et ni de services prenant en compte ce fait marquant : la pratique massive de l'écoute de musique dans notre société. Face à cela, nous avons tous notre part de responsabilité.
Posté par Fonti

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Note de Mediamus :
En France, une étude similaire a été publiée en 2009 : "Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique Éléments de synthèse 1997-2008" (document pdf) par le Département des études, de la prospective et des statistiques du Ministère de la Culture, place également la musique comme l'un des pratiques culturelles préférées des Français : "l’intérêt pour la musique à progresser : 34 % des Français en écoutent tous les jours ou presque contre 27 % onze ans plus tôt. Le boom musical amorcé dans les années 1970 s’est poursuivi et ses ondes de choc ont continué à se propager dans la société française avec l’avancée en âge des générations qui l’ont porté. En devenant numérique, la musique a encore gagné en accessibilité : les nouvelles possibilités de stockage, d’échange ou de transfert d’un support à l’autre ainsi que la multiplication des supports d’écoute, du téléphone portable à l’ordinateur en passant par le lecteur MP3, ont favorisé une intégration toujours plus grande de la musique dans la vie quotidienne, au domicile mais aussi pendant les temps de transport et pour certains le temps de travail."


Sur la blog AMPLI : Vasos comunicants #6: Cseh Tamás i l'eix musictecari Eger-Dole-Barcelona

1 commentaire:

Xavier Galaup a dit…

Si on osait... nous pourrions presque dire qu'il y a trop de livres en bibliothèque... :-)

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