vendredi 27 janvier 2012

Le rock progressif français est-il vraiment recommandable ?


Thé, toasts & rock progressif
C’est peu dire que le rock progressif en France traîne une sale image. On aime à moquer ses travers et ses dérives :
  • Une lutherie et une facture instrumentale improbable avec des guitares à double manche, des basses à 12 cordes, des consoles de claviers d'orgues et de synthétiseurs superposés et étagés, des batteries suréquipées de toms, de pads et de cymbales. Tout un attirail qu’on imaginerait plutôt destiné à des divinités indiennes possédant plusieurs paires de bras.
  • Une prétention rarement justifiée à la virtuosité poussant les musiciens à l’emphase, en confondant vitesse et musicalité.
  • Des chanteurs dont l’air habité et la gestuelle théâtrale finissent par tenir davantage de Francis Lalanne et de Gérard Lenorman que de Jacques Brel et de Léo Ferré.
  • Une imagerie parfois un peu mièvre qui renvoie aux contes et légendes traditionnels, aux univers féériques, au fantastique médiéval. Tout pour ravir les fans de Lewis Carroll, J. R. R. Tolkien, Terry Pratchett, C. S. Lewis, J. K. Rowling… un lectorat qui en général a entre 10 et 15 ans.
  • On raconte que les musiciens de Genesis se faisaient servir avant leur concert du thé et des toasts. Et là, on commence sérieusement à s’éloigner de l’attitude Sex, drugs and rock ’n’ roll !
  • Quant à la musique (dans ses pires moments), elle puise aux sources les plus conventionnelles et les plus usées : des scies grandiloquentes du répertoire néo-classique et néo-médiéval (Carmina Burana, Dies Irae, etc.), au folklore celtisant des crêperies à touristes.

Ceci évidemment est une caricature, car si l’on évoque Frank Zappa, Pink Floyd, King Crimson, l’Ecole de Canterbury (Soft Machine, Gong, Caravan, Hatfield and the North), ou le rock allemand expérimental et planant des années 70 (Can, Neu!, Tangerine Dream), on mesure l’apport considérable de ce genre musical.
Parce que le rock progressif s’est amalgamé à d’autres styles : le rock psychédélique, le jazz rock fusion, le folk rock, le free jazz, le rock expérimental, la musique contemporaine, le space rock, la musique électronique, et a brassé de nombreuses influences, il fut sans conteste une voie d’innovation musicale inspirant jusqu'à aujourd’hui de nombreux musiciens.

Progressive rock : Made in France
Comme la semaine dernière, pour notre contribution au blog Hangtárnok, nous avons posé la question sur Twitter et Facebook : "Quel groupe de rock progressif français recommanderiez-vous ?"
5 réponses : Ange et Magma ont été cités 2 fois, Gong 1 fois.
D'autres groupes fondés dans les années 70 méritent également d'être mentionnés : Carpe Diem, Atoll, Pulsar, Mona Lisa, Taï Phong, Moving Gelatine Plates, Art Zoyd,
Etron Fou Leloublan...

Voici donc 5 références pour (re)découvrir la scène française du rock progressif.

Ange
Ange est un groupe originaire du Nord de la Franche-Comté formé en 1969 par les frères Francis et Christian Décamps. A ses débuts, le groupe était influencé par Genesis et King Crimson et par Jacques Brel. Leur musique est lyrique et théâtrale. C'est sans nul doute le groupe de rock progressif français le plus connu et le plus populaire, en partie grâce à la personnalité charismatique du chanteur Christian Décamps. Dans les années 70,
lorsqu'il était sur le label Philips, Ange fut un des plus grands vendeurs de disques .

Discographie recommandée : Le Cimetière des Arlequins (1973), Au-delà du délire (1974),
Émile Jacotey (1975), Par les fils de Mandrin (1976)
Article Wikipédia
http://angemusic.free.fr/

Gong
Gong est un groupe franco-britannique formé par l'australien Daevid Allen. Co-fondateur de Soft Machine, celui-ci se vit refusé l'entrée au Royaume-Uni à la suite d'une tournée en Europe, à cause d'un problème de visa. Il s'installa en France est fonda Gong en 1967 avec Gilli Smyth, Steve Hillage, Pierre Moerlen et Didier Malherbe.

Discographie recommandée : Camembert Electrique (1971), Angel's Egg (Radio Gnome Invisible, Vol. 2) (1973)
Article Wikipédia en français, en anglais

Magma
Magma a été fondé à Paris en 1969 par le batteur Christian Vander. Musicien de formation classique, Christian Vander a été très impressionné par la musique "tribale" de Stravinski (Le sacre du Printemps), par le jazz chargé de spiritualité de John Coltrane et par le jeu de son batteur Elvin Jones. La musique de Magma est un mélange de rock, de jazz moderne, et de voix chorales installant une sorte de transe mystique et païenne. ChristianVander a inventé un langage "germano-slave", le Kobaïan avec lequel sont chantés les textes. De nombreux jazzmen estimés ont été membres de Magma : Simon Goubert, François Laizeau, Yochk’o Seffer, Didier Lockwood...

Discographie recommandée : Mekanik Destruktiw Kommandoh (1973), Kohntarkosz (1974)
Article Wikipédia
http://www.seventhrecords.com/

Heldon
Heldon
est un groupe rock progressif créé en 1974 par Richard Pinhas. Les sources d'inspiration musicale d'Heldon sont Robert Fripp, King Crimson, Philip Glass et Brian Eno. La musique du groupe évoluera vers le rock électronique.
Richard Pinhas qui fut le disciple du philosophe Gilles Deleuze est également un passionné de littérature de science-fiction.Le nom du groupe est d'ailleurs inspiré d'un roman de Norman Spinrad. Plusieurs écrivains dont Gilles Deleuze, Norman Spinrad, Maurice G. Dantec ont prété leurs voix à l'enregistrement des albums du groupe.

Discographie recommandée : Électronique Guerilla (1974), Richard Pinhas : East West (1980)
Article Wikipédia
http://www.richard-pinhas.com/

Albert Marcoeur
Albert Marcoeur est un chanteur inclassable, on ne peut donc pas vraiment dire que sa musique appartient au genre progressif. Cependant, depuis 30 ans on le surnomme le "Frank Zappa français" : d'abord parce qu'il a une formation classique : il a étudié la clarinette au Conservatoire, et parce que sa musique mélange le jazz, le rock expérimental sur des arrangements très élaborés, avec des paroles teintées de surréalisme et de non-sens.

Discographie recommandée : Albert Marcoeur (1974), Sports et percussions (1994), m, a, r et cœur, comme cœur (1998)
MySpace, Wikipédia
http://www.marcoeur.com


Wikipédia : Catégorie:Groupe de rock progressif français

3 commentaires:

Gabrielle a dit…

Venez voir en concert "And you and yes" et vous nous en direz des nouvelles ;-)

Anonyme a dit…

En effet, tous les "défauts" énumérés relèvent de la caricature montée de toutes pièces par la critique bien pensante. De plus, le "Drugs, Sex and Rock'n Roll" n'a pas forcément fait du bien à ceux qui le pratiquaient. Je mets au défi de trouver des références à Tolkien chez Genesis, Yes ou ELP. Et je suis sur de gagner parce qu'il n'y en a pas!
Mais je dérive! Ce post est sur le prog français et c'est une bonne initiative. De très bons groupes sont cités.
Je peux en recommander quelques autres comme Pulsar, Dun, Malicorne, Shylock ou Minimum Vital. On peut aussi mentionner la nouvelle génération de prog français avec Nemo, Lazuli ou Weend'o. Sans parler des groupes issus de Magma comme Zao, Weidorge, One Shot ou Caillou.

Anonyme a dit…

En effet, tous les "défauts" énumérés relèvent de la caricature montée de toutes pièces par la critique bien pensante. De plus, le "Drugs, Sex and Rock'n Roll" n'a pas forcément fait du bien à ceux qui le pratiquaient. Je mets au défi de trouver des références à Tolkien chez Genesis, Yes ou ELP. Et je suis sur de gagner parce qu'il n'y en a pas!
Mais je dérive! Ce post est sur le prog français et c'est une bonne initiative. De très bons groupes sont cités.
Je peux en recommander quelques autres comme Pulsar, Dun, Malicorne, Shylock ou Minimum Vital. On peut aussi mentionner la nouvelle génération de prog français avec Nemo, Lazuli ou Weend'o. Sans parler des groupes issus de Magma comme Zao, Weidorge, One Shot ou Caillou.

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