vendredi 13 juillet 2012

Rock et références littéraires

Eyes Wide Blind Test #8 - Un quizz portant sur les reprises, emprunts, citations, remix, références et adaptations, d'un genre musical à l'autre, d'un média à l'autre, d'une langue et d'un continent à l'autre...



Déviant, marginal, anti-conformiste, sulfureux, de mauvais genre, maudit, décadent, scandaleux, autant de qualificatifs qui pourraient aussi bien définir des poètes et des romanciers que des musiciens de rock.
Car en dépit de sa morgue et de sa désinvolture, de son impertinence et de sa défiance vis-à-vis du système éducatif et culturel, il arrive que le rock puise son inspiration à la source littéraire.

Alors, saurez-vous retrouver le nom des auteurs et des oeuvres auquels il est fait référence dans les huit chansons suivantes ?
La solution du quizz est en bas de page.

1. The Doors - End of the night (1967)


2. Velvet Underground - Venus in furs (1967)


3. Led Zeppelin - The Battle of Evermore (1971)


4. Alan Parsons - (The System Of) Dr. Tarr and Professor Fether (1976)


5. The Cure - Killing an Arab (1978)


6. The Police - Don't Stand So Close To Me (1980)


7. Eurythmics - Sexcrime (1984)


8. Bruce Springsteen - The Ghost of Tom Joad (1995)



Solutions


1. The Doors - End of the night : Double citation littéraire : Le titre fait très probablement référence à Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit (en anglais, Journey to the End of the Night), 1932, voir sur le sujet l'avis du petit célinien). Les vers : Realms of bliss, realms of light, Some are born to sweet delight, Some are born to endless night. (Royaumes de béatitude, royaumes de lumière, Certains sont nés pour les plaisirs doux, Certains sont nés pour la nuit sans fin) sont tirés d'un poème de William Blake, Auguries of Innocence. Pour rappel, le nom du groupe The Doors fait référence au livre d'Aldous Huxley, The Doors of Perception (Les Portes de la perception), le titre étant lui-même une citation de William Blake. Jim Morrison fera également référence dans ces textes à Arthur Rimbaud et à Antonin Artaud.

2. Velvet Underground - Venus in furs : Leopold von Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure (1870)
L'oeuvre est à tel point emblématique d'une disposition sexuelle recherchant le plaisir dans l'humiliation et la douleur, que l'auteur a inspiré le nom même de masochisme. (-Fais-moi mal! -... Non! -... Espèce de sadique!)

3. Led Zeppelin - The Battle of Evermore : J. R. R. Tolkien - Le Seigneur des anneaux (1954)
Décodage des références par des spécialistes sur le wiki consacré à l'oeuvre majeure de Tolkien.

4. Alan Parsons - (The System Of) Dr. Tarr and Professor Fether : Edgar Allan Poe, Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume (1845)
Alan Parsons, ingénieur du son chez EMI, travailla sur les albums des Beatles (Let it Be) et des Pink Floyd (Atom Heart Mother et The Dark Side of the Moon). Il fonde son propre groupe The Alan Parsons Project en 1976, et enregistre la même année Tales of Mystery and Imagination, un album concept dédié à l'oeuvre d'Edgar Poe - wikipédia -

5. The Cure - Killing an Arab : Albert Camus, L'étranger (1942)
L'étranger - Killing an Arab - wikipédia

6. The Police - Don't Stand So Close To Me : Vladimir Nabokov, Lolita (1955)
La chanson fait référence au livre relatant la passion d'un professeur d'âge mûr pour une adolescente de 12 ans, livre qui fit scandale à sa sortie : It's no use he sees her / He starts to shake and cough / Just like the old man in / That book by Nabokov (Rien à faire / Chaque fois qu'il la voyait / Il commençait à trembler et à tousser / Comme le vieil homme dans ce livre de Nabokov)

7. Eurythmics - Sexcrime : George Orwell, 1984 (1949)
Eurythmics a participé à la bande originale du film de Michael Radford. L'expression crime sexuel fait référence à la répression sexuelle exercée sur le peuple dans le monde dystopique et totalitaire d'Océania.

8. Bruce Springsteen - The Ghost of Tom Joad : John Steinbeck - Les Raisins de la colère (1947)
L'intrigue se passe aux Etats-Unis, pendant la Grande Dépression de 1929, relate l'histoire de Tom Joad et de sa famille, des paysans pauvres contraints de quitter l'Oklahoma à cause de la sécheresse. Le roman sera adapté au cinéma par John Ford en 1940, avec Henry Fonda dans le rôle de Tom Joad.
A lire sur l'excellent histgeobox, blog tenu par des professeurs de Lycée et de Collège : Quand un fantôme inspire Springsteen : "The ghost of Tom Joad"


Sources et références

Librarything : Literature in Music : Rock 'n' Roll, Records and Record Collections

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