mardi 9 septembre 2014

Playlist septembre 2014 : neuf albums à découvrir sans attendre



Une sélection curieuse de l'actualité musicale, pour partager quelques recommandations, et aborder l'univers d'artistes d'aujourd'hui en leur accordant une écoute attentive, dans l'abondance des sorties du moment.




Melted Toys
"Melted Toys" (Underwater Peoples, 2014)
Ce groupe de San Francisco, né en 2009, a débuté sous la forme d'un trio avec Daniel Rosado, Steven Harkins, Brian Wakefield (2 guitares, une basse et une boîte à rythmes). Il sera rejoint en 2011 par le batteur Ole Haarstad.
Christopher Owens (ex-Girls) a invité l'an passé le groupe à le rejoindre sur sa tournée, pour assurer la 1ère partie. La pop délicate et brumeuse de Melted Toys s'inscrit dans un courant jangle pop revival qui accrochera certainement les fans de Ducktails, Real Estate et Mood Rings.
(pop mélodique)



Holy Wave
"Relax" (Reverberation Appreciation Society / Burger Records, 2014)
Holy Wave s'est formé à Austin (Texas) en 2008 autour de Kyle Hager et de Julián Ruiz. Les autres membres du groupe sont Joey Cook, Ryan Fuson, et Dustin Zozaya. D'inspiration garage psychédélique, Holy Wave révise ses classiques en sonnant brillamment vintage. Comme en témoignent les titres de l'album : Night Tripper, Star Stamp, Son of Sound, Shamania, Change Your Head/Ecstatic Moment, ce sont les grandes heures du space cake aux vrais morceaux de LSD qui sont passées au mixeur : des saveurs hallucinogènes du 13th Floor Elevators et de la myriade de groupes confidentiels réunis sur la compilation Nuggets, aux albums iconiques  de la pop mid-sixties (Pet Sounds, St Pepper, The Piper at the gates of dawn).
(néo-psyché)



Diane Coffee
"My Friend Fish" (Western Vinyl Records, 2013)
Diane Coffee est le projet solo de Shaun Fleming, le batteur de Foxygen, au côté des deux leaders Jonathan Rado et Sam France. Pour son 1er album "My Friend Fish", c'est le glam rock 70's qui semble être la grande source d’inspiration de l'artiste : pseudonyme androgyne, maquillage weird, et chant empruntant à l'outrance de l'opéra rock époque Tommy et Ziggy Stardust.
De quoi patienter plus qu'agréablement jusqu'au prochain album de Foxygen (...And Star Power) dont la sortie est prévue mi-octobre.
(glam pop rock)



Avi Buffalo
"At Best Cuckold" (Sub Pop, 2014)
Avi Buffalo est le pseudonyme Avigdor Zahner-Isenberg, chanteur et musicien natif de Long Beach (Californie). En 2009, il forme son groupe avec Sheridan Riley à la batterie, Arin Fazio à la basse, et Rebecca Coleman aux claviers. En 2010, ils sortent leur 1er album chez Sub Pop.
At Best Cuckold est sorti le 8 septembre.
(pop mélodique)


Hooray for Earth
"Racy" (Dovecote Records, 2014)
Installé à New York depuis 2007, Hooray for Earth a été formé à Boston en 2005 par Noel Heroux. Avec RacyHooray for Earth déploie une production impressionnante grâce aux services de Chris Coady (Yeah Yeah Yeahs, TV on the Radio, Grizzly Bear, Beach House, Blonde Redhead). Le résultat accroche, mais n'échappe pas à l'emphase, en redéployant par moment l’étendard du rock FM héroïco-romantique qui triompha dans les années 80 (Duran Duran, Tears of Fears, A-Ah, Toto).
(pop rock)


Jessica Lea Mayfield
"Make My Head Sing…" (ATO, 2014)
Née en 1989, Jessica Lea Mayfield est originaire de Kent (Ohio). La chanteuse, guitariste et songwriter, a débuté à l'âge de 8 ans au sein de la formation familiale On Way River. Elle commence à écrire ses propres chansons à 15 ans  qui donneront la matière de son premier album White lies (2007). Grâce à ce disque, elle sera repérée par Dan Auerbach, co-leader des Blacks Keys. Elle fera ainsi les choeurs sur Attack & release (2008). Elle participera aussi à l'album solo d'Auerbach Keep it hid (2009) et assurera la 1ère partie sur la tournée de Ray Lamontagne.
Avec Make my head sing, son 4ème album co-produit avec son bassiste de mari Jesse Newport, Jessica Lea Mayfield prend une nouvelle direction, moins folk et plus noisy grunge, avec un son de guitare saturé, des structures minimales et répétitives et une voix aux accents tristes et nostalgiques, voire carrément dépressifs et lugubres. Les titres de l'album Oblivious, Party drugs, Unknown big secret, No fun, comme la pochette confirment que l'ambiance n'est pas à la fête...
(Pop rock)



TOPS
"Picture You Staring" (Arbutus Records, 2014)
Le groupe formé en 2011 est issu de l'intéressante scène montréalaise (Grimes, Blue Hawaii, Doldrums Mac Demarco). Il réunit aujourd'hui la chanteuse Jane Penny, le guitariste David Carriere, le batteur Riley Fleck et la bassiste Maddy Glowicki.
Picture you staring, leur 2ème album après Tender Opposites (2012), est plus inspiré avec ses mélodies soft rock. Tout en gardant un esprit lo-fi, il multiplie les clins d’œil distanciés aux ballades FM. Séduisant.
(indie pop)



The Fresh & Onlys
"House of Spirits" (Mexican summer, 2014)
The Fresh and Onlys est un groupe de San Francisco formé autour de Tim Cohen (Black Fiction), du bassiste Shayde Sartin, et du guitariste Wymond Miles. House of Spirits est leur 5ème album, après The Fresh & Onlys (2008), Grey-Eyed Girls (2009), Play It Strange (2010), Long Slow Dance (2012). Partie prenante du renouveau du garage rock à San Francisco, The Fresh & the Onlys tient encore sans doute davantage de la jangle pop (REM, Felt, Smiths)
(pop rock)



Strand of Oaks
"Heal" (Dead Oceans Records, 2014)
Strand of Oaks est le nom d'artiste de Tim Showalter, un chanteur, musicien et songwriter, né en 1982 à Goshen (Indiana). Il est installé à Philadelphie, comme The War on Drugs, Kurt Vile et Purling Hiss. A l'instar de The War on Drugs, Strand of Oaks pratique un folk rock influencé par les pères de la nation americana : Bruce Springsteen et Tom Petty. Heal est son 4ème album, après Leave Ruin (2009), Pope Killdragon (2010), Dark Shores (2012).
(rock folk)


vendredi 5 septembre 2014

MP3, CD, Studio master Haute-résolution, peut-on vraiment entendre la différence ?



En juillet dernier, nous avons proposé un dossier sur les fichiers numériques audio (MP3, FLAC, WAV, ALAC, AIFF, ...), avec un focus sur la haute-résolution audio (Hi-Res).
Une question importante restait cependant en supens : y-a-t'il une différence audible de qualité entre un MP3, un CD et un fichier 24 bit haute-résolution ? Heureuse coïncidence, The Guardian a consacré, il y a quelques semaines, un article sur ce sujet How much difference is there between MP3, CD and 24-bit audio? Précision : bien que deux marques commerciales de Hi-Fi (Linn et Graham) soient complaisamment citées dans l'article, celui-ci n’est pas pour autant un publireportage. On verra que la haute-résolution n’y est pas survendue, au contraire les journalistes se montrent, sinon perplexes, en tout cas mesurés et critiques lorsqu'ils livrent leurs impressions d’écoute.

La haute-résolution audio tient-elle ses promesses ?

Pour tenter de répondre à cette question, The Guardian a organisé un test comparatif en faisant appel à Linn, fabricant de matériel hi-fi, fournisseur de musique en haute-résolution depuis 2007, et label de musique classique (Linn records) ayant accès aux masters originaux enregistrés par les artistes, les formations et les orchestres. Ainsi, trois membres du quotidien britannique : Tim Jonze, journaliste musical, Jason Phipps, journaliste scientifique et producteur de podcast, et Samuel Gibbs, spécialiste des nouvelles technologies se sont retrouvé au magasin de Hi-fi Graham dans le quartier d’Islington (au Nord de Londres). Il s'agissait d'écouter une sélection de titres, à partir de 4 formats : MP3 128 kbps, MP3 320 kbps, CD, 24-bit studio master, tous joués sur le même matériel Hi-Fi.

Qu’est-ce que la Hi-Res ? 

Le terme “Hi-Res” devrait se répandre dans les médias dans les prochains mois, à mesure que les fabricants de matériel électronique vont investir le domaine de la musique haute-résolution à destination des smartphones, des tablettes et des casques. Il y a encore une ambiguïté sur ce qui peut être désigné comme vraiment Hi-Res. Pour Gilad Tiefenbrun, directeur de Linn, “ Il y a une confusion entre ce qui est et ce qui n’est pas Hi-Res. [...] Pour nous, la musique Hi-Res c’est l’édition Studio Master 24 bits, c'est à dire l’enregistrement original, en amont de tous les autres formats." Et pour Tiefenbrun, il apparaît inévitable qu'à la suite du battage médiatique autour du Pono de Neil Young, les grandes compagnies comme Apple, Amazon, et Spotify se lancent également sur ce créneau. Rappelons qu'il existe aujourd'hui deux formats physiques audio en Hi-Res le SACD (dont l'arrêt de fabrication est programmé par les majors) et le blu-ray audio lancé à titre expérimental en France l'an dernier par Universal (source). Enfin, il existe cinq formats numériques ayant obtenu le label HRA (High Resolution Audio) : FLAC, ALAC, WAV, AIFF et DSD. Ces derniers doivent avoir une résolution supérieure au CD 44.1 kHz/16 bits.

Est-ce que la Hi-Res sonne réellement mieux qu’un MP3 ou qu’un CD ?


Tim Jonze a perçu une différence mais pas autant qu'attendu  :
"Les enregistrements Hi-Res étaient plus nets et plus clairs, chaque partie instrumentale émergeant de la masse sonore. Mais pour apprécier cette différence, il m'a fallu faire un effort de concentration.
Si cette musique avait été simplement diffusée en fond sonore, je n’aurais pas pu remarquer de différence entre le studio master et le pire des MP3 compressés.
En écoutant attentivement la ligne de basse sur Pinball Wizard des Who, on parvient à suivre où les notes se déplacent, et non pas juste à saisir une impression générale."



"La différence entre le MP3 et le CD est plus marquée. J’ai eu du mal à saisir la différence entre le CD et le studio master. Même si au final la différence existe bien, elle est plus subtile, et je pense que cela dépend de la manière dont on écoute la musique.
Ma manière préférée d’écouter de la musique, c’est avec un casque en marchant. C’est ainsi que j’arrive à me perdre complètement dans la musique, mais ce n’est jamais vraiment le son précisément qui m’intéresse, plutôt la façon dont la musique me transporte émotionnellement dans un autre univers de rêve éveillé. Ça m’emporte ailleurs, plutôt que ça me plonge dedans. Et à la vérité, je trouve le son impressionniste d’un MP3 tout aussi efficace pour me procurer cet état émotionnel, que le réalisme photographique d’un studio master."

Jason Phipps reste partagé sur la valeur ajoutée des fichiers studio masters : 
"Pourrais-je faire la différence? Cela dépend de l'enregistrement. En écoutant One of These Things First de Nick Drake, et en comparant le MP3 très compressé, le MP3 haute-qualité, jusqu’au studio master, j’ai personnellement eu du mal à discerner une différence notable, si ce n'est dans les basses fréquences : la ligne de basse, et les cordes basses de la guitare. La différence restait subtile pour mes oreilles."



"Mais en écoutant qu’autres titres, le gap de qualité s’est révélé plus prononcé. En partant du fichier en basse résolution jusqu’au studio master de l’enregistrement de l’ouverture de West Side Story, on parvient à distinguer une myriade d’instruments, avec une clarté et une profondeur améliorée. Même impression avec Pinball Wizard des Who. Plus il y a de couches instrumentales, plus frappante est la différence entre les fichiers numériques basse et haute résolution."




"Dans certains cas, cependant, la clarté du fichier Hi-Res a eu un effet globalement "refroidissant"  sur la musique : la clarté crée trop d’espace dans la musique, elle en diminue la chaleur et la cohésion."

Pour Samuel Gibbs, c'est également un "oui, mais..." : 
"Mon impression à la fin de cette session d’écoute est que oui, il y a bien une différence de qualité entre un MP3 téléchargé sur les plateformes les plus fréquentées et un fichier 24-bit. [...]. Mais ce n’est pas toujours une bonne chose. Et le gap de qualité n’est pas comparable à celui marquant la différence entre la définition standard et la haute-définition en vidéo.
Globalement, les studio masters apportent un son plus plein, plus spacieux, et moins plat. Même si certains titres sonnent presque à l’identique en Hi-Res et en CD. D’autres, comme The Pinball Wizard, marquent une différence en Hi-Res : ils sonnent plus réels, plus brutes, plus naturels, comme lorsque l’on écoute de la musique vivante.
Mais cette différence n’est pas toujours un gain. Ce fut décevant d’entendre un enregistrement de Nessun dorma (Turandot / Puccini) par Pavarotti qui sonnait pire en studio master. Cela révélait le fait que l’orchestre et le ténor avaient été enregistrés séparément dans des environnement différents. Ils semblaient comme déconnectés, une chose qui était masquée dans la version CD.
Ce que j'ai pu constater c'est qu’un MP3 de basse qualité sonne mal, et qu’inversement un MP3 à 320 kbps sonne bien, et qu'une anomalie dans la chaîne de production de l'enregistrement peut avoir des résultats inattendus avec un studio master."

Référence :
How much difference is there between MP3, CD and 24-bit audio?, The Guardian, 21/08
High-resolution audio - Wikipedia (enanglais)

lundi 1 septembre 2014

Revue de presse, revue de blogs - Juillet-Août 2014



Industrie musicale




Melted Toys - Always

Musique numérique

Culture musicale

Musique et jeux vidéo

Métadonnées musicales

Pratiques culturelles et musicales

Politique culturelle

Et pendant ce temps dans les bibliothèques...

jeudi 24 juillet 2014

MP3, FLAC, WAV et les autres : les formats numériques audio, de la compression à la haute-définition



Essayons de prendre quelques repères dans la jungle des formats numériques audio...

Depuis quelques mois, Neil Young a ouvert un débat public sur la qualité de la musique numérique, en partant en croisade contre le MP3, et en annonçant son projet de lancer sur le marché le Pono, un baladeur dédié à la lecture fichiers numériques à la très haute définition. Au delà des sarcasmes qui fusent déjà, tel Trent Reznor comparant le design du Pono à celui d'un Toblerone, on peut se demander si ce battage médiatique n'est pas le déploiement d'une belle opération de marketing, inspirée par le succès des casques Beats de Dr. Dre ?


Neil Young présentant son Pono au David Letterman show


Car la prophétie annoncée par Neil Young est déjà réalisée : les baladeurs numériques audiophiles sont là : on peut citer notamment les baladeurs des fabricants Sony (Japon), Cowon, Astell&Kern (Corée) ou Fiio (Chine), HifiMAN (US), Colorfly (Allemagne). L'apport de ce type de baladeurs est de lire des fichiers haute qualité.
Ajoutons à cela que les smartphones sous Androïd de génération récente sont aussi capables de lire des fichiers haute-résolution avec le player adapté (type Poweramp, Neutron Music Player). De même, les produits Apple dernière génération (Iphone, Ipad, Ipod), sont en partie compatibles avec de l'audio HD (aujourd'hui jusqu'à la résolution 24-bit/48 kHz avec les formats ALAC, AIFF, WAV).

Baladeurs audiophiles de marque Sony, Fiio, Cowon


Qualité CD / Haute résolution, quelle différence ?

Les fichiers audio d'un CD sont encodés en 16bit à une fréquence de 44 kHz
Les fichiers haute-résolution (ou haute-définition) (comme ceux du SA-CD ou du Blu-ray Pure Audio) sont en 24 bit - fréquence 44, 48, 88, 96, ou 192 kHz
Qu'est-ce que cela signifie ?
16 bit - 44 kHz = 65 536 bits (2 à la puissance 16) x 44 100 Herz x 2 (stereo) par seconde
24 bit - 192 kHz = 16 777 216 bits (2 à la puissance 24 ) x 192 000 Herz x 2 (stereo) par seconde
Une heure de musique haute-résolution occupera donc plus de 2 Go contre 635 Mo pour de la qualité CD
On mesure le gap en volume d'informations et en puissance de calcul entre un fichier qualité CD et un fichier haute définition.

Quel format choisir ? 

Il faut d'abord distinguer :
  • les formats de compression avec perte : MP3, AAC, Ogg Vorbis, WMA
  • les formats non compressés ou compressés sans perte : AIFF, ALAC, FLAC, WAV, DSD, Monkey’s audio, WMA Lossless 
Aujourd'hui si l'on recherche la qualité audio, on doit choisir entre 3 niveaux d'exigence :
  • qualité haute : MP3 196 à 320  kb/s, AAC 128 à 256  kb/s, OGG vorbis 160 à 320  kb/s
  • qualité CD lossless : FLAC, ALAC, WMA, WAV, AIFF (16 bits - 44,1 kHz)
  • qualité haute-résolution : FLAC, ALAC, WMA, WAV, AIFF, DSD (24 bits - 44, 48, 88, 96, 192 kHz)
Le choix d'un encodage en MP3 320 kbs ou en FLAC (16bits - 44,1 kHz) semble un bon compromis. 

Et en streaming ? 

Le choix du format audio est également important pour les plateformes de streaming (d'autant plus qu'il est conditionné par des contraintes de débit et de bande passante) :

Deezer utilise le format MP3 avec 2 niveaux de qualité :
128 Kbits/s pour la version gratuite,
320 Kbits/s (son HQ) pour la version payante

Qobuz en streaming utilise 2 formats :
du MP3 en 320 MhZ pour son service "premium" et
du FLAC en qualité CD (16 bits à 44,1 kHz) pour l'option Hi-fi
(Qobuz vend aussi des fichiers en qualité studio master 24-bit, allant de 44,1 kHz à 192 kHz au format WAV, AIFF, FLAC, ALAC, WMA Lossless)

Spotify utilise le format Ogg Vorbis pour le streaming, avec trois niveaux de qualité :
96 kbps : Réglage "Bas débit" de l'appli mobile Spotify
160 kbps : Qualité de streaming standard de l'appli pour ordinateur / Réglage "Haute qualité" de l'appli mobile
320 kbps : Réglage "Haute qualité" disponible dans l'appli pour ordinateur avec Spotify Premium / Réglage "Qualité extrême" de l'appli mobile (uniquement disponible sur iOS et Android actuellement)

YouTube utilise le format audio AAC en 128 ou en 192 kbps pour streamer le son des vidéos en résolution moyenne et haute (et aussi du MP3 en 64 kbps, pour les vidéos en résolution basse) (source)

S'équiper d'un système d'écoute nomade

S'équiper d'un baladeur haute-fidélité suppose d'être attentif à tous les éléments de "la chaîne" : qualité de l'enregistrement initial, du fichier encodé, du matériel de diffusion, du logiciel (player), et du casque. Ce qui suppose une approche comparative et empirique pour évaluer séparément chaque paramètre. Par exemple,si on peut écouter des fichiers 24bit-88Mhz avec un smartphone sous android,  le rendu ne sera pas le même selon le choix de l'application player audio choisie  (poweramp, google music, neutron music player, ...) On peut même pousser le perfectionnisme jusqu'à brancher un DAC (digital to analog converter) entre le smartphone et le casque (voir Complete Guide to Android Smartphone Audiophile).

Présentation des formats et des codecs audio

AAC
L’Advanced Audio Coding est un format de compression utilisé par Apple. Il est réputé avoir un meilleur ratio qualité/débit que le mp3. Ainsi certains affirment qu’un fichier AAC en 128 kb/s a une qualité équivalente à un fichier MP3 en 256 kb/s
Extensions de fichier : .aac, .m4a, .m4p, .m4b, .mp4, .3gp
débits : 64, 80, 96, 128, 160, 192, 256, 288, 320 Kbps
fréquences d’échantillonage : 11, 12, 16, 22, 24, 32, 44, 96 kHz
Apple le propose à différents bitrate :
  • qualité podcast parlé : 64 kb/s / 22 kHz 
  • “haute qualité” (qualité standard) : 128 Kbps / 44 kHz (attention : les fichiers AAC achetés sur Itunes peuvent être protégés par des DRM limitant à 5 le nombre de partages de ces fichiers sur les ordinateurs)
  • iTunes Plus : 256 kb/s / 44 kHz 
Avantages : bonne qualité de compression, adapté à l'environnement Apple (ipod, iphone, ipad)
Inconvénients : format de compression avec perte. Non lisible par tous les baladeurs.

AIFF
L’ Audio Interchange File Format est un format développé à Apple, c’est un peu l’équivalent du format Wav choisi par Microsoft
Extension du fichier : .aif
débits : 8, 16, 24 bits
fréquences d’échantillonage : 8, 11, 16, 22, 24, 32, 44, 48, 96, 192 kHz
 2 niveaux de qualité :
  • qualité CD : 16 bits / fréquence 44 khZ 
  • haute résolution : 24 bits / fréquence de 44 à  192 khZ 
Logiciels compatibles : Ableton Live, Audacity, Cubase, Foobar 2000, GarageBand, iTunes, Pro Tools, QuickTime, Sound Forge Sound , VLC media player, Winamp
Il peut aussi être compressé dans sa version AIFF-C ou AIFC
Avantages : L’AIFF est l’un des 5 formats à la norme Hi-Res (audio haute resolution). Le son AIFF serait pour certains "plus analogisant et destressé" que le Flac...
Inconvénients : les fichiers au format AIFF peuvent poser des problème de reconnaissance de tags d'un player à l'autre. Format non comprimé, donc volumineux.

ALAC
L'Apple Lossless Audio Codec est un format d'encodage sans perte développé par Apple, à présent sous licence libre Apache.
Extension du fichier : .m4a
L’ALAC a un taux de compression d'environ de 50% des fichiers PCM (CD), comparé à d’autres formats il est plus facile à décoder, et demande moins de ressources de calcul
L’ALAC à l’inverse de AIFF gère les tags. En revanche, le taux de compression en ALAC est plus lent
C'est un format à utiliser dans un environnement iTunes avec les appareils d’Apple : iPod, Iphone, ...
2 niveaux de qualité :
  • qualité CD  : 16 bits / fréquence 44 khZ 
  • haute résolution : 24 bits / fréquence de 44 à 192 khZ 
Avantages : Format haute résolution adapté à l'environnement Apple
Inconvénients : Format moins répandu que le FLAC

Atrac 
L’ Adaptive Transform Acoustic Coding est le format de compression que Sony avait développé en 1992 pour les mini-disc.
extension : .aa3, .oma, .at3
L'Atrac était également lisible sur les baladeurs et les consoles de jeux video du constructeur japonais.
Il en existait 4 versions : ATRAC, ATRAC3, ATRAC3plus, ATRAC Advanced Lossless
Format abandonné par Sony en 2007 (source)

Audible file 
Audible est un éditeur et distributeur de livres audio ayant développé un format audio. La société a été acheté par Amazon en 2008.
extension .aa, .aax, and .aax+



DSD
Le Direct Stream Digital est un format audio utilisé notamment sur le Super Audio CD, lancé à la fin des années 1990 par Sony et Phillips. Sa technologie consiste en un codage de son avec une quantification sur un 1 bit unique à une très haute fréquence d’échantillonnage : 64 fois supérieure à l'échantillonnage PCM du Compact Disc. Soit une fréquence de 2,8224 MHz (64 x 44,1 khz) (wikipédia) Un SACD codé au format DSD pèse 7,95 GB (700 MB pour un CD) . Le DSD peut être compressé sans perte avec le DST (Direct Stream Transfer).
Rares sont les marques de baladeurs qui lisent le DSD (Astell & Kern, Fiio)


FLAC
Le Free Lossless Audio Codec est un codec libre de compression audio sans perte, qui à l’inverse du MP3 n’enlève aucune information de la source originale.
extension : .flac
Ni Windows, ni Apple ne proposent l'encodage en FLAC, bien que ce codec soit apprécié par beaucoup d'amateurs de musique pour la fidélité de sa reproduction sonore.

Avantages : Un bon compromis pour écouter sur son baladeur du son de qualité. Convertir sa discothèque au format FLAC, est réellement intéressant si on possède du matériel d'écoute audiophile (baladeur ou smartphone + casque) et un espace de stockage suffisant. La méthode pour convertir un CD en FLAC avec le logiciel Foobar 2000 est expliquée dans les tutoriels suivants :  Convertir un CD Audio en FLAC ;
Tutoriel : Riper un CD directement en FLAC / Convertir en FLAC avec Foobar2000
Inconvénients : Les fichiers FLAC sont environ 3 à 5 fois plus volumineux que les fichiers MP3. Le FLAC n'est pas lu par tous les baladeurs numériques (l'Ipod, l'phone notamment). Parmi les marques proposant des lecteurs compatibles FLAC, on trouve SanDisk, Archos, Sony, Cowon, Fiio, les smartphones sous Android.

Monkey's Audio 
Monkey's Audio est un codec de compression audio sans perte.
Format peut répandu, lisible avec VLC et sur les baladeurs Cowon, dernière génération.
extension : .ape


MP3
Le MPEG-1/2 Audio Layer 3, est le format de compression le plus connu… et peut-être l’un des moins bons, d’après de nombreux avis.
Il a été conçu en 1997 par l’institut Fraunhofer (ce même institut a aussi développé le format aac, réputé meilleur)
extension : .mp3
L’utilisation du MP3 n’est souvent pas perçue comme un soucis, car la perte de qualité due à la compression est masquée par la qualité moyenne du matériel d’écoute : baladeurs, écouteurs à oreillettes, smartphones, ou haut-parleurs bas de gamme des ordinateurs.
Le MP3 permet un taux de compression de 4,11 (320 kbit/s) à 176 (8 kbit/s)
débit : 8, 16, 24, 32, 40, 48, 56 , 64, 80, 96, 112, 128, 160, 192, 224, 256, 320 Kbits/s
fréquence d’échantillonage : 8, 11, 16, 22, 24, 32, 44, 48 kHz
Quel débit choisir pour son baladeur ?
  • à partir de 128 Kbits/s : bonne qualité (qualité podcast Radio France)
  • à partir de 192 Kbits/s : très bonne qualité 
  • 320 Kbits/s : qualité optimale sur ce format
Le site  Lasonotheque.org propose d'écouter la différence entre différents niveaux d'encodage de mp3 : L’encodage MP3

Ogg Vorbis
Vorbis est un format libre et ouvert développé par xiph.org, également à l’origine du Flac. Il est réputé plus performant, à taux de compression égale, que le format mp3.
extensions : .ogg .oga
Sa qualité est noté de -2 à 10, selon son bitrate : de 32kb/s à 500Kb/s.
Avantages : Format léger. Codec libre
Inconvénients : Format de compression avec perte. Lisible sur peu de baladeurs.


WAV 
extension : .wav
Format développé par Microsoft et IBM, “le format WAV est une extension de fichiers audio, il s'agit d'un conteneur capable de recevoir des formats aussi variés que le MP3, le WMA, l'ATRAC3, l'ADPCM, le PCM. C'est ce dernier, le PCM qui est le plus courant, et c'est pour cela que l'extension .wav est souvent — et donc à tort — considérée comme correspondant à des fichiers « sans pertes » “ (Wikipédia)
Le format permet un encodage sans aucune perte de qualité en 16 bits - 44 khz.
Mais son système d’étiquetage (tags) est peu pratique, et la taille du fichier est limité à 2 Go : limitatif pour les les fichiers en H résolution (2Go = 20 minutes au format 5.1 en 24 bit/96 kHz)
Le format Wav est utilisé pour l’enregistrement sous environnement Windows. Audacity ou Sound Forge permettent notamment d’éditer des fichiers Wav.
En format compressé : la qualité est médiocre en dessous de 96 Kbits en mode CBR (son métallique) fréquence d’échantillonage : 8, 11, 16, 22, 24, 32, 44, 48, 96, 192 kHz
taille échantillon : 8, 16, 24 bits
Pour la Hi-Fi : 2 niveaux de qualité :
  • qualité CD : 16 bits – 44khz
  • qualité haute résolution : 24 bits – de 48 khz à 192khz 
Avantages : lu par quasiment tous les types d'appareils
Inconvénients : format volumineux, système de tags rudimentaire

Sources et références pour aller plus loin :

Les fichiers numériques audio
L'audio en haute résolution
La qualité du streaming musical
Comment ça marche ?

vendredi 4 juillet 2014

Playlist juillet-août 2014 : neuf albums à découvrir sans attendre



Une sélection curieuse de l'actualité musicale, pour partager quelques recommandations, et aborder l'univers d'artistes d'aujourd'hui en leur accordant une écoute attentive, dans l'abondance des sorties du moment.




Mood Rings
"VPI Harmony" (Mexican Summer, 2013)
Mood Rings est un quintet originaire d'Atlanta (Géorgie), formé en 2009 et constitué de Will Fussell (chanteur, guitariste, songwriter), Tymb Gratz (guitariste), Seth Bolton (guitariste, claviers), Chris Alley (bassiste), et Peter Couthorn (batteur).
(dream pop, synthpop)



Gauntlet Hair
"Stills" (Dead Oceans Records, 2013)
Gauntlet Hair est un groupe de rock de Denver (Colorado). Le duo est formé de Craig Nice (batterie, percussions) et Andy Rauworth (chant, guitare). 
(shoegaze, post punk)



Chad VanGaalen
"Shrink Dust" (Sub Pop, 2014)
Né en 1977, Chad VanGaalen est un artiste canadien originaire de Calgary. Auteur, compositeur, chanteur, musicien multi-instrumentiste, producteur, il est aussi le créateur du label Flemish Eye (Braids, Women) et graphiste, illustrateur, animateur. Il a réalisé lui-même plusieurs de ses clips : "Clinically Dead", "Flower Gardens", "Red Hot Drops", et "Molten Light" dans un style d'inspiration étrange et surréaliste. Shrink Dust est son 5ème album sur le label Sub pop. 
(folk pop)



Peter Matthew Bauer
"Liberation" (Mexican Summer, 2014)
Peter Bauer a été le bassiste/organiste, et l'un des membres fondateurs du groupe new yorkais The Walkmen. Liberation édité chez Mexican Summer est son 1er album solo. 
(pop rock)



Craft Spells
"Nausea" (Captured Tracks, 2014)
Artisan lo-fi et DIY, Justin Paul Vallesteros, originaire Stockton en Californie s'est fait connaître en 2009, à l'âge de 21 ans,  en produisant Stephen Malkmus (Pavement). En 2010, il est signé sur le label de Brooklyn Captured tracks pour un 1er EP Party Talk. Nausea est son 2ème album studio, après Ilde labor (2011).
(soft pop)



Black Bananas
"Electric Brick Wall " (Drag City, 2014)
Black  Bananas, initialement baptisé RTX (Rad Times Xpress), est le nouveau groupe de Jennifer Herrema, après le split de Royal Trux (1987-2001). Les autres membres du groupes sont Brian McKinley, Kurt Midness, et Nadav Eisenman.
(glam electro funk rock)



Pure Bathing Culture
"Moon Tides" (Partisan, 2013)
Pure Bathing Culture est un duo évoluant entre Portland et Brooklyn,  constitué de Sarah Versprille (chant, claviers) et de Daniel Hindman (guitares, basse, synthés) . Ils se sont rencontrés à la fin des années 90, avant de rejoindre le groupe indie folk Vetiver. Moon tides a été enregistré dans le studio National Freedom du producteur Richard Swift (The Shins, Damien Jurado, Foxygen, Laetitia Sadier de Stereolab,...). Entre soft rock (Fleetwood Mac) et pop éthérée (Cocteau Twins)
(dream pop)



Gary War
"Jared's Lot" (Spectrum Spools, 2012)
Gary War (ses autres pseudos étant Phil Gone et Bruce Roach), de son vrai nom Greg Dalton, est un musicien expérimental originaire de Cambridge, Massachusetts. Sa musique mixe des éléments de rock psychédélique (Syd Barrett), d'électro rock sci-fi, de musique progressive (Alan Parsons Project), et de Kraut rock (Cluster, Tangerine Dream).
(electro prog rock)



Ela Orleans
"Lost" (La Station Radar, 2009)
Ela Orleans est une artiste écossaise d'origine polonaise travaillant entre Varsovie, Glasgow et New York. En 1998, elle fut membre du groupe écossais Hassle Hound. Elle composé pour le Dramatyczny Theatre de Varsovie, ainsi que pour le film Zodiac de David Fincher. Ses deux premiers albums Lost (2009), Double Feature (2011), ont été édités par le label français La Station Radar, son dernier album NEO PI-R (2011) est sorti en K7, puis en vinyl sur le label Clan Destine Records. 
(pop lo-fi expérimentale)



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