27 juin 2022

Le capharnaüm #93 : Son père range son violon dans un bel étui au fond d’un placard de la chambre conjugale.


Son père range son violon dans un bel étui au fond d’un placard de la chambre conjugale. Presque chaque jour, il sort l’instrument et quelques partitions, puis va s’installer au salon. Il pratique plus ou moins longtemps et, parfois, ses fils ont le droit de venir l’écouter s’ils le désirent. Mais parfois il les met dehors et s’enferme. Lorsqu’il accorde son violon et que, comme il dit, il chauffe un peu les cordes, c’est la cacophonie ; les enfants se bouchent les oreilles. Souvent, l’instrument est d’une légèreté joueuse entre ses mains, les cordes dansent et vibrent sur une cadence rapide, emplissant la maison de notes claires et rieuses. À d’autres moments, il n’arrache à ces cordes que son désir sombre et douloureux de trouver le courage et la force de vivre.

Certaines périodes sont meilleures que d’autres. Erlendur apprend à comprendre son père, mais ne saisit que bien plus tard qu’il lutte contre une profonde dépression. Il tente d’initier ses deux fils à la pratique d’un instrument et de les familiariser avec l’univers de la musique, mais ne tarde pas à constater que ni l’un ni l’autre ne s’y intéressent vraiment. Ils intègrent un certain nombre de bases, mais il leur manque le besoin de jouer, la passion nécessaire pour aller plus loin. Il ne les force pas, leur dit que cela ne servirait à rien, mais espère que, plus tard, ils développeront pour la musique une authentique passion.
Arnaldur Indriðason - Etranges Rivages [Furðustrandir]  (2010), 
traduit de l'islandais par Éric Boury, Métailié, 2013


Cartola et son père - O Mundo é um Moinho


Les retrouvailles de Cartola avec son père Sebastião. Un extrait du documentaire “Cartola, música para os olhos” [Cartola, musique pour les yeux)] (2007) de Lírio Ferreira et, Hilton Lacerda
Angenor de Oliveira,  surnommé Cartola (1908-1980) est considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands compositeurs de musique populaire brésilienne à l'égal d'Ary BarrosoDorival Caymmi, Noel Rosa ou d'Antonio Carlos Jobim
Mais comme les protagonistes du Buena Vista Social ClubCompay Segundo et Ibrahim Ferrer, Cartola connu sa traversée du désert, après la gloire des années 30 et 40. Il ne sera redécouvert qu'en 1957 par le journaliste Sérgio Porto. Débutera alors pour lui une seconde carrière : il ouvrira avec sa femme  Dona Zica (Euzébia Silva do Nascimento) un restaurant-cabaret à Rio de Janeiro: la maison de samba Zicartola. Cartola enregistrera son 1er disque en 1974.

Quarteto em Cy - Quando o Carnaval Chegar


C'est Chico Buarque qui composa Quando o Carnaval Chegar [Quand arrive le Carnaval], la chanson titre du film de Carlos Diegues sorti en 1972 , dans lequel jouait Chico BuarqueNara Leão et Maria Bethânia (extrait)
Chanson ici interprétée par le Quarteto em Cy formé en 1972-73  par Cyva et Cynara Ribeiro et Soninha (Sonia Maria Ferreira ) et Dorinha (Dora Tapajós Gomes).
Un quatuor vocal formé en 1964 par quatre sœurs originaires de Bahia : Cybele, Cylene, Cynara et Cyva Ribeiro (d'où le nom en Cy). 


Donga et Chico Buarque - Pelo telefone


Chico Buarque en 1966, à la télévision rend hommage à Donga (Ernesto Maria dos Santo) (1890-1974) le compositeur de la première samba enregistrée sur disque, 50 ans plus tôt. Egalement sur scène l'immense Pixinguinha (1897-1973).

"Pelo Telephone" [Par téléphone] enregistré en 1916 pour le label Odeon, composé par Ernesto Maria dos Santos (Donga)  sur les paroles du journaliste Mauro de Almeida et interprété par le chanteur Baihano
Bien que 2 autres sambas aient été enregistrées précédemment : Em casa de baiana (1913) et A viola está magoada (1914), Pelo Telephone, du fait de son succès, est considéré comme la première samba à avoir été enregistrée au Brésil. Cette chanson burlesque se moque d'un chef de police dans une histoire de prohibition des jeux d'argent dans la rue.
 "O chefe da polícia pelo telefone manda me avisar / Que na Carioca tem uma roleta para se jogar / O chefe da polícia pelo telefone manda me avisar / Que na Carioca tem uma roleta para se jogar…"

 

Elizeth Cardoso et Elza Soares - Não me diga adeus


 Après le blues vient la samba !
En 1974, la rencontre de deux grandes chanteuses brésiliennes : Elizeth Cardoso (1920-1990) surnommée la divine, et Elza Soares (1930-2022) sacrée chanteuse du millénaire par la BBC.
"Não me diga adeus" [Ne me dis pas adieu] une chanson de Francisco da Silva Fárrea (Paquito), Luis Soberano et João Correia da Silva, crée en 1947 par Aracy de Almeida (1914-1988), interprète attitrée de Noel Rosa, considérée comme la première chanteuse de samba. 




Luiz Gonzaga avec Fagner, Sivuca, Guadalupe - Asa Branca 



Luiz Gonzaga (1912-1989) connu comme le roi du baião, la musique emblématique du Nordeste du Brésil, appelée aussi forró. - wikipédia
Sivuca (1930-2006) - wikipédia
Fagner (1949-) - wikipédia